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jeudi 10 janvier 2013

[CRC] L'Étranger

Auteur : Albert Camus
Date de Parution : 1942
Éditeur : Folio, collection FolioPlus Classiques

Quatrième de Couverture
Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français...

Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile: "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.

Le Choix du Livre
En tant qu'étudiante en Lettres Modernes, je pense qu'il était temps pour moi de me familiariser avec la lecture de ce classique de la littérature. Et oui, croyez-le ou non mais Albert Camus n'a jamais été au programme dans aucun de mes cursus scolaires! Le Challenge Romans Cultes de Métaphore est une occasion rêvée pour combler ces lacunes.

Mon Avis
Qu'il est difficile de donner son avis sur un livre considéré comme un chef-d'oeuvre de la littérature française quand on a un avis mitigé sur celui-ci... L'histoire débute, comme l'annonce le célèbre incipit, sur la mort de la mère du héros, Meursault. Ce dernier, trentenaire et vivant en Algérie Française, assiste à l'enterrement sans grande émotion avant de repartir à sa petite vie pénarde. Les évènements s'enchaînent,  il va nager, rencontre une jeune fille du nom de Marie, sympathise avec ses voisins... Le début est plutôt long à mon goût, dans un roman qui est quand même relativement court! Finalement, arrive le moment de la bagarre entre Meursault et ses deux "amis", Raymond et Masson, contre un groupe d'arabe. Raymond est blessé et lorsque, quelques jours plus tard, Meursault recroise un des arabes du groupe, il le tue. S'ensuit alors un procès qui mettra en cause la personnalité même de Meursault. Il a, certes, tué un arabe mais tout le procès tourne alors autour de son manque évident de sentiments, d'émotions, d'âme. Pour preuve, il n'a pas pleuré à l'enterrement de sa propre mère. En réalité, toute la partie sur le procès m'a étrangement rappelé Le Procès de Kafka. Sauf qu'ici, Meursault sait très bien de quoi il est accusé.

Le personnage de Meursault me laisse perplexe, il reste effectivement un étranger pour moi. Au fur et à mesure des pages, on a l'impression qu'il assiste en tant que spectateur à sa propre vie. Il n'a d'avis sur rien, rien ne l'émeut, rien ne l'interpelle. Il semble totalement dénué de sentiments et pourtant, c'est un homme intelligent qui semble être presque conscient de l'étrangeté de son comportement. Étranger donc mais pas parce que c'est un français en Algérie, mais parce que c'est un étranger à la société dans laquelle il vit. Il semble refuser de se prêter au jeu du procès, il dit les choses telles qu'il les pense sans se demander si ça avantagera sa situation ou non. Et c'est ce trait de caractère qui va être jugé lors du procès où, finalement, le meurtre qu'il a commis passe complètement à l'arrière-plan. Ce qui, finalement, reste un fait d'actualité car on a tendance à juger les gens sur ce qu'ils sont et non sur ce qu'ils font. Enfin, comme L'Étranger est écrit à la première personne et que le narrateur est donc Meursault, j'ai trouvé d'une part le style d'écriture un peu trop simple et d'autre part le contenu vraiment trop froid, impersonnel et dénué de toute émotion. Et même si j'imagine que c'est bel et bien l'impression souhaitée, personnellement, ça ne m'a pas beaucoup parlé.

En tout cas, je n'étais peut-être pas sûr de ce qui m'intéressait réellement, mais j'étais tout à fait sur de ce qui ne m'intéressait pas. Et justement, ce dont il me parlait ne m'intéressait pas.

Premier livre de Camus pour moi, donc. Et première participation au Challenge Romans Cultes qui me laisse malheureusement sur ma faim. Mais je n'ai pas l'intention de m'arrêter en si bon chemin parce que, quoi que j'ai pu penser du livre, je sais que c'est nécessaire à ma culture personnelle et que ça le sera dans le métier que je souhaite exercer plus tard. Pas de regret pour moi donc!

Ce livre a été lu dans le cadre du

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