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dimanche 24 février 2013

[LC - CRC - CGG] Fahrenheit 451

Auteur : Ray Bradbury
Traducteurs : Jacques Chambon et Henri Robillot
Édition Américaine : 1953
Édition Française : 1955
Éditeur : Folio, collection Folio SF

Quatrième de Couverture
451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de "faits", qu'ils se sentent gavés, mais absolument "brillants" côté information. Ils auront alors l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C'est la porte ouverte à la mélancolie.

Le Choix du Livre
Même s'il s'agit d'une lecture commune organisée par Métaphore, j'avais envie de lire ce livre depuis très longtemps. D'autant plus qu'il entre dans le Challenge Romans Cultes, et maintenant dans le Challenge Gilmore Girls!

Mon Avis
Dans un avenir lointain (plus tant que ça aujourd'hui), les pompiers ne sont plus là pour éteindre les feux mais pour brûler les livres désormais proscrits. Guy Montag exerce ce métier sans trop se poser de questions, jusqu'au jour où il fait la connaissance d'une jeune fille qui ne ressemble à aucune autre : Clarisse. Elle tient un discours qui énerve Montag tout en le troublant et qui le pousse alors à réfléchir sur la raison pour laquelle il brûle des livres. Pour en avoir le coeur net, il finira par voler un livre et se rendra compte à quel point la société dans laquelle il vit est vide. Sa vie, sa maison, sa femme, ses pensées. Tout lui est imposé par une société où la pensée unique est érigée en maître. Où tout va tellement vite qu'on a plus le temps de regarder le monde qui nous entoure. Mais comment agir quand on est seul contre tous? Vers qui se tourner pour obtenir de vrais réponses à ces questions que plus personne ne se pose?

Il y a tellement de choses à dire sur Fahrenheit 451 que je ne sais pas par où commencer. Alors on va faire comme en dissertation en allant du plus insignifiant (si tant est qu'il y est de l'insignifiance dans ce roman) au plus frappant. Et donc, la première chose remarquable dans ce roman, c'est la qualité de la plume de l'auteur. Je ne suis pas vraiment attirée par la science-fiction en général, j'ai du mal à entrer dans les histoires et à en comprendre tous les enjeux. Pourtant, ici, j'étais plongé dedans dès la première page. Dès les premiers mots.   Et je n'ai pas quitté le livre avant la fin tant j'ai été happée dans cet engrenage fou. Bradbury écrit de façon très poétique tout en restant clair et compréhensible dans ses propos sans non plus prendre son lecteur pour un débile attardé. Et il ne tourne pas autour du pot. Bref, par son écriture, l'auteur nous fait entrer dans un univers tout à fait nouveaux, à première vue. Parce qu'on se rend vite compte que cet univers futuriste, s'il était déjà d'actualité dans les années 50, l'est peut-être encore plus aujourd'hui.

Ainsi, il y a des livres dont on entend parler toute sa vie. Puis quand on les lit, on se demande pourquoi. Fahrenheit 451 ne fait pas partie de ceux-là. Ou plutôt si, parce que je me suis demandé pourquoi. Mais surtout pourquoi ai-je attendu autant de temps pour découvrir ce chef-d'oeuvre de la science-fiction? Ray Bradubury était un sacré visionnaire car le roman a beau dater des années 50, il est d'une actualité hallucinante. Si aujourd'hui on ne brûle plus les livres, cela ne nous empêche pas de côtoyer chaque jour des personnes dont le comportement est dicté par des écrans, des personnes qui n'ouvrent jamais un livre, des personnes qui se pensent "ouvertes" et "cultivées" juste parce qu'elles se contente d'absorber tout ce que les médias leur disent d'absorber. Et le fait de s'intéresser à autre chose fait de nous des "intellectuels" presque de manière péjorative tandis que la télé-réalité n'est finalement pas si loin de la "famille" présente sur les écrans de chaque maison du roman. Bref, un roman de science-fiction mais aussi et surtout un roman d'anticipation qui donne à réfléchir.

Vous vous rappelez sûrement le gosse qui, dans votre classe, était exceptionnellement "brillant", savait toujours bien ses leçons tandis que les autres, assis là come autant de potiches, le haïssaient. Et n'était-ce pas ce brillant sujet que vous choisissiez à la sortie pour vos brimades et vos tortures ? Bien sûr que si. On doit tous être pareils. Nous ne naissons pas libres et égaux, comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux.Chaque homme doit être l'image de l'autre ; plus de montagnes pour les intimider, leur donner un point de comparaison. Conclusion ! Un livre est un fusil chargé dans la maison d'à côté. Brûlons-le.

Conclusion
Une découverte fabuleuse et un énorme coup de coeur pour ce roman qui se doit d'être lu! Les thèmes abordés sont criants d'actualités et surtout abordés de manière intelligentes. Je crois qu'on ne ressort pas tout à fait indemne de la lecture de Fahrenheit 451!

Ce livre a été lu dans le cadre de :

La Lecture Commune avec


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