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dimanche 3 mars 2013

Amphitryon

Auteur : Molière
Date : Janvier 1668
Éditeur : Folio, collection FolioPlus Classiques

Synopsis
Amphitryon, général des Thébains, a chargé son valet Sosie de prévenir sa femme Alcmène du succès qu'il vient de rencontrer au combat. Mais le dieu Mercure a écarté Sosie et s'est présenté à Alcmène sous ses traits. Le vrai Sosie doit avouer à son maître qu'il n'a pas accompli sa tâche et la stupéfaction d'Amphitryon s'accroît lorsqu'il découvre le peu de joie que sa femme manifeste à le revoir. Elle s'étonne, puisqu'elle a passé la nuit avec lui... Mais c'est Jupiter qui s'était introduit auprès d'elle sous l'apparence de son mari. Si Molière se réapproprie en 1668 cette fable mythologique venue de Plaute, avant que Giraudoux n'en fasse Amphitryon 38, c'est qu'elle porte en elle l'essence même du théâtre où l'apparence devient un moment le réel. Mais de ce sujet profond, Molière fait une comédie drôle car Amphitryon et Sosie sont pleinement joués par leur double et l'on comprend que le mari, bafoué par un Jupiter avatar de Don Juan, puisse s'affliger de son reflet...

AMPHITRYON
Ô Dieux, dont le pouvoir sur les choses préside,
Quelle est cette aventure? et qu'en puis-je augurer
Dont mon amour ne s'intimide!

SOSIE
Si sa bouche dit vrai, nous avons même sort,
Et de même que moi, Monsieur, vous êtes double.

Le Choix du Livre
Comme pour la version de Plaute, j'ai du lire cette version du mythe d'Amphitryon pour mon cours de Littérature Comparée.

Mon Avis
Je ne vais pas revenir sur la trame principale d'Amphitryon déjà bien décrite dans le synopsis et que j'avais déjà commenté pour la version de Plaute. Pas de grands changements ici si ce n'est l'apparition du personnage de Cléanthis, la femme de Sosie, qui permet de répondre aux attentes du théâtre classique qui avait pour habitude de mettre en scène un couple principal (ici Amphitryon/Jupiter et Alcmène) et un second (Sosie/Mercure et Cléanthis). On notera aussi le passage sous silence de la grossesse d'Alcmène bien que la future naissance d'Hercule soit rapidement évoquée. Il va de soi que là où les dieux occupaient une place importante voire même omniprésente dans la vie quotidienne, à l'époque de Plaute, ce n'est plus du tout le cas au XVIIème siècle. De plus, les règles du théâtre classique sont strictes. Il faut que Molière respecte les règles de bienséance et de vraisemblance ce qui, déjà, est un frein à l'évocation d'une double grossesse comme c'était le cas chez l'auteur latin, où Alcmène est à la fois enceinte d'Amphitryon et de Jupiter. Mais il y a également cette règle des trois unités : temps, lieu et action. Rajouter toute l'intrigue de la naissance d'Hercule semble alors inutile à l'action qui se déroule sous nos yeux : Jupiter et Mercure qui prennent la place d'Amphitryon et de Sosie. La simple évocation de cette naissance comme conclusion de la pièce semple donc suffisant pour clore ce mythe et, avec, l'alliance qui unit désormais Amphitryon à Jupiter.

Le sujet même de la pièce est, comme chez Plaute, sujet à beaucoup de moments assez drôles. On trouvera notamment une scène assez hilarante entre Cléanthis et Mercure (Acte I, scène 4) suivie d'une autre entre Cléanthis et Sosie (Acte II, scène 3). Cela dit, et même si beaucoup s'accordent à dire que la version de Molière est en tout point supérieure à celle de Plaute, j'avoue ne pas avoir vraiment accroché à cette adaptation classique du mythe. Peut-être parce qu'enchaîner deux versions de la même histoire à quelques jours d'écart a fait naître en moi une certaine lassitude. Ou peut-être que, comme ça a toujours été le cas, j'ai un peu de mal avec le théâtre de Molière. A quelques exceptions près puisque j'avais beaucoup aimé Don Juan. Cela dit, le théâtre est loin d'être mon genre de prédilection et si on ne m'oblige pas à lire une pièce, je n'irai pas de moi-même. Et plus j'en lis, plus je sais que malgré ma passion de la littérature, le théâtre classique ou pas ne sera jamais un genre qui me transcendera! Alors personnellement, je n'ai pas prit énormément de plaisir à lire cette réécriture du mythe d'Amphitryon mais le mythe en lui-même est intéressant et je pense aussi que c'est une lecture plutôt indispensable à ma culture générale. Donc même si je n'ai pas vraiment aimé, je ne peux pas dire que je regrette. Par contre, j'ai lu la version de Kleist et la version de Giraudoux m'attend encore sagement. Alors je crois que je suis en mesure de dire que, si le mythe est effectivement intéressant, je commence à faire une overdose d'Amphitryon et de théâtre.

SOSIE
Mon Dieu! qu'as-tu? toujours on te voit en courroux,
Et sur rien tu te formalises.

CLEANTHIS
Qu'appelles-tu sur rien, dis?

SOSIE
J'appelle sur rien
Ce qui sur rien s'appelle en vers ainsi qu'en prose ;
Et rien, comme tu le sais bien,
Veut dire rien, ou peu de chose.

Conclusion
Avis totalement subjectif comme je l'expliquais plus haut. Je suis contente de l'avoir lu mais je n'ai pas aimé. Il est toujours bien de connaître l'oeuvre de Molière mais d'autres pièces sont peut-être plus représentative de son oeuvre. Bref, une conclusion mitigée!
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