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Final Fantasy Type-0

mardi 5 mars 2013

In the Clothes named Fat

Titre original : 完全版 脂肪という名の服を着て
Dessin : Moyoco Anno
Scénario : Moyoco Anno
Editions : Kana, collection Made In
Date de parution japonaise : 2002
Date de parution française : 2006

Synopsis
Depuis toujours, Noko supporte avec résignation les railleries que lui vaut son embonpoint. Jusqu'au jour où son petit ami la trompe et où elle décide de suivre un régime. Mais en tentant de devenir une femme ''comme les autres'', Noko ne remarque pas qu'elle est en train de se détruire. La beauté fait-elle vraiment le bonheur ? Une réflexion ironique sur une société de consommation qui dicte ses normes en ignorant le droit à la différence.

Le choix du Livre
Je cherchais quelque chose à lire à la médiathèque et je suis tombée par hasard sur ce manga. La couverture m'a attirée l'oeil mais dans le mauvais sens du terme. Les dessins aussi, quand j'ai ouvert pour feuilleter quelques pages. Mais c'est le titre et le sujet traité qui m'ont convaincue de me lancer quand même!

Et maintenant, au régime!

Mon Avis
Noko est grosse. Et elle entretient une relation particulière avec la nourriture. En effet, le fait de manger lui permet d'oublier ses problèmes, quels qu'ils soient. Elle a un travail où ses collègues ne sont pas toujours tendres avec elle, mais qu'importe puisqu'elle a un petit-ami, Saito, depuis presque 8 ans et qu'il l'aime comme ça. Seulement, elle fini par apprendre que Saito la trompe avec une autre fille. Et pas n'importe laquelle : Mayumi, la collègue de travail de Noko qui  incarne tout ce qu'elle n'est pas. Sûre d'elle, elle prend soin d'elle et surtout elle est mince. Tout devient clair pour Noko, si elle veut garder Saito elle doit maigrir. Peu importe les moyens utilisés, elle doit être mince à tout prix et le reconquérir. Commence alors pour Noko une longue descente aux enfers allant de l'hyperphagie à l'anorexie en passant par la boulimie. Elle se rendra compte à ses dépends que maigrir n'est pas si facile qu'on peut le penser mais également que ce n'est pas la solution à tous ses problèmes. Sa perte de poids, si fulgurante soit-elle, n'améliorera ni ses relations professionnelles, ni sa relation avec Saito et même pas l'image qu'elle a d'elle-même.

A travers l'histoire de Noko, Moyoco Anno nous met face à une réalité certes dure mais exacte : la société actuelle où l'apparence règne en maître et où la minceur est souvent synonyme de réussite sociale, professionnelle et même amoureuse si on en croit pas mal d'émissions actuelles... Bien que n'ayant pas vécu les mêmes choses que Noko, en tant que grosse, j'ai pu me reconnaître dans quelques-uns des points évoqués ici et je me suis posée la même question qu'elle. Est-ce que ma vie serait plus facile si j'étais mince? Le fait est qu'en y réfléchissant, mon poids ne m'a jamais posé vraiment de problèmes ni socialement, ni professionnellement, ni sentimentalement et même pas du point de vue de la santé. Le seul problème que je rencontre, c'est pour trouver de chouettes habits à ma taille! Et encore, de plus en plus d'enseignes font des efforts de ce côté-là. Enfin, là n'est pas la question mais je voulais surtout dire qu'heureusement pour moi, je n'ai pas eu à traverser les mêmes épreuves que Noko pour me rendre compte que maigrir ne serait pas la solution ultime à tous mes problèmes. Et qu'au final, le problème ce n'est pas moi et mon poids mais la société et l'image qu'elle donne des personnes en surpoids.

Bon, je ne vais pas ouvrir de débat ici parce que ce n'est pas le propos. Mais quand on voit le personnage de Mayumi, et la façon dont elle dénigre Noko juste parce qu'elle ne correspond pas aux critères de beauté actuels, on se rend compte que c'est la tendance actuelle. Si on y regarde de plus près, on vit à une époque où on ne peut plus "se moquer" des noirs ou des arabes ou autres parce que c'est du racisme et des gays parce que c'est de l'homophobie. Et attention, je cautionne totalement cela. Mais moquez-vous des gros, ça n'a aucune importance, c'est presque devenu normal voire à la mode. Quoi qu'il en soit (c'est foutu pour ne pas ouvrir de débat), le lecteur est forcément mal à l'aise en lisant In the Clothes named Fat. Parce qu'il suit l'évolution de Noko sans rien pouvoir faire pour elle, et peut-être en se rendant compte qu'il est soit comme elle, soit comme Mayumi, voire même comme Saito. Et dans les trois cas, c'est pas glorieux. Ce sentiment de malaise est accentué par les dessins de Moyoco Anno qui, s'ils peuvent paraître un peu simplistes et crus à première vue, finissent par retranscrire parfaitement l'état d'esprit et l'état physique de Noko qui perd peu à peu tout ce qui fait qu'elle est elle. Son enveloppe de graisse qui la protégeait. Mais qui la rendait différente. C'est là tout le paradoxe de ce manga qui, de par le sujet traité et la façon dont il est traité, n'est pas à mettre entre toutes les mains.


Conclusion
Un manga qui traite d'un sujet d'actualité mais qui n'est pas souvent abordé dans ce genre-là. Un manga à découvrir parce que très pertinent. Et pour conclure, j'ai envie de dire que je ne suis pas pro-grosses. Je m'assume, mais je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde, et puis la santé n'est pas quelque chose qu'il faut négliger. De ce fait, je ne suis pas non plus anti-régime mais il y a d'une part des limites à ne pas franchir (tomber dans l'anorexie par exemple, même si c'est extrême), et d'autre part des paramètres à prendre en compte. Notamment, la raison pour laquelle on maigrit. Si c'est seulement pour entrer dans le moule et se conformer à la société, c'est pas la bonne solution et ça ne résoudra rien. Maigrir pour les autres, ça ne résout rien.
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