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mercredi 10 juillet 2013

La Cithare nue

Auteure : Shan Sa
Parution française : 2010
Éditeur : Albin Michel

Quatrième de Couverture
Elle est issue d’un illustre clan de la plaine du Milieu. Dans ses veines coule le sang des plus hautes castes. Otage d’un capitaine de guerre, elle le suit à travers un pays ravagé, de champs de bataille en cités détruites jusqu’aux portes de la Cité Interdite, du trône impérial.

Il est orphelin, pauvre, mais le seul luthier en ces temps d’invasions et de violence à pouvoir fabriquer la fabuleuse cithare aux sept cordes de soie inventée par le dieu Fu Xi. Sous ses doigts, le bois précieux du sarcophage de l’impératrice oubliée se transforme en musique, et l’amour renait, au-delà des siècles.

Shan Sa poursuit une œuvre singulière et puissante centrée sur la Chine où elle est née, qu’elle soit celle des grandes dynasties d’Impératrice ou plus contemporaine de La Joueuse de go, elle y évoque des héroïnes fortes et fragiles qui, face aux aléas de la réalité, vivent la mélancolie et la beauté du monde comme seule source d’harmonie.

Le Choix du Livre
Depuis que j'ai lu La Joueuse de Go, je suis devenue une grande admiratrice de l'écriture de la plus française des auteures chinoises : Shan Sa. J'ai lu plusieurs de ses romans et elle fait incontestablement partie de mes auteurs préférés alors je ne pouvais pas passer à côté de son dernier roman en date!


Pendant deux ans, il a traité son bois, puis pendant six mois il a sculpté son corps. Il l'a palpée, caressée, frottée. Il lui a choisi une forme et il a donné un langage à son silence. Elle avait ses exigences aussi, elle lui réclamait sans cesse d'étirer ses lignes et d'arrondir ses courbes. Sa résonance changeait, elle le fuyait, le boudait, le surprenait. Mais ses humeurs se révélaient toujours justes. Elle l'a guidé, jour après jour, vers l'intérieur de son ventre où elle lui a dévoilé toutes ses fibres, tous ses grains, toutes les perfections et imperfections de sa sonorité. Son parfum se transformait.. Tour à tour, elle sentait le bois, les outils, la colle, la laque, la sueur, la pluie... jusqu'au jour où elle s'est éveillée à la douce fragrance de la vie. C'était le moment où ils devaient se séparer.

Mon Avis
Dès les premières pages, on est plongé dans la Chine des dynasties. Dans la Chine en pleine guerre, des millénaires avec notre ère. Une jeune fille attend un enfant dans ce contexte chaotique. Elle ne sait pas encore que bientôt, son mari va prendre le pouvoir, qu'elle va vivre dans le luxe. Que sa vie sera parsemée de tristesse et de déceptions. Mais elle ne sait pas non plus qu'elle est liée à Shen Feng, jeune luthier qui vivra plus de deux-cents ans après elle. Que la musique de la cithare réunit les amants à travers les siècles. Shan Sa nous offre ici une histoire d'amour magique et fantastique, qui traversera les siècles et les millénaires grâce à la poésie de son écriture.

Comme dans La Joueuse de Go, Shan Sa alterne les chapitres réservés à la Jeune Mère et ceux consacrés à Shen Feng. On suit donc leur évolution à deux-cents ans d'écart, leur parcours totalement différents, semés d'embûches, d'événements inattendus, dans des milieux sociaux et des époques complètement opposés... Jusqu'à leur réunion, leur union impossible et pourtant belle et bien réelle. Ou peut-être pas mais qu'importe?

Le gros point fort de La Cithare nue, c'est qu'on voyage. On voyage dans l'espace et le temps. On découvre la Chine médiévale, ses coutumes, ses couleurs, sa richesse et sa pauvreté, sa poésie. De toutes façons, c'est toujours le cas dans les romans de Shan Sa, le voyage et le dépaysement. Mais j'avoue quand même que j'ai eu un peu plus de mal à entrer dans ce récit, que j'ai donc moins apprécié que La Joueuse de Go, Porte de la Paix Céleste ou encore Alexandre et Alestria. Je pense que cela vient du regard très neutre que porte la romancière sur l'histoire qu'elle raconte. Cette distance qu'elle prend en ne donnant pas exemple pas de nom à la Jeune Mère, ou en décrivant les paysages comme si elle décrivait des estampes à l'encre de Chine...


Que l'épouse danse et joue de la musique dans un dîner est un honneur rare que fait l'hôte à ses invités. Mais la Jeune Mère est trop timide et trop fâchée pour vouloir se montrer. Pourquoi son époux a-t-il interrompu la discussion? Pourquoi utilise-t-il la musique pour faire taire? Elle ne comprend rien aux ambitions des hommes et à leur furieuse envie de faire la guerre. Parmi ces guerriers brutaux qui parlent de trahison et de conspiration, combien savent apprécier les sons subtils de la cithare? Insensible à ses humeurs, son époux insiste, puis la supplie. Pour ne pas lui faire perdre la face, elle accepte enfin de jouer un seul air.

Conclusion
Si ce roman n'est pas mon préféré, j'ai quand même apprécié encore une fois la douceur et la poésie de l'écriture de Shan Sa. Elle reste une auteure que j'aime, une auteure que je ne saurais que vous conseiller de découvrir car elle vous plongera sans aucun doute dans un autre univers que vous ne soupçonnez pas!
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