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vendredi 20 septembre 2013

Elle s'appelait Sarah

Auteur : Tatiana de Rosnay
Édition Française : 2008 chez Héloïse d'Ormesson
Éditeur : Le Live de Poche

Quatrième de Couverture
Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie va changer à jamais. Elle s’appelait Sarah, c’est l’histoire de deux familles que lie un terrible secret, c’est aussi l’évocation d’une des pages les plus sombres de l’Occupation.

N'avaient-ils pas de famille ? Pas d'enfants ? Des enfants qu'ils retrouvaient le soir à la maison ? Comment pouvaient-ils les traiter de la sorte ? Agissaient-ils sur ordre ou était-ce chez eux quelque chose de naturel ? Étaient-ils des machines ou des êtres humains ? Elle les scruta attentivement. Ils étaient faits de chair et de sang. Pas de doute, c'était bien des hommes. Elle ne comprenait pas.

Le Choix du Livre
J'avais lu vraiment beaucoup de très bonnes critiques sur ce roman, alors quand j'ai eu la chance de me le procurer gratuitement, je n'ai pas hésité une seconde. Et finalement, c'est un livre qui aura fait le bonheur de ma tante, de ma grand-mère et de moi-même évidemment!

Mon Avis
Cela faisait un moment que j'avais envie de découvrir Tatiana de Rosnay mais j'avais beau avoir un de ses romans dans ma PAL, j'ai attendu celui-ci pour me décider enfin! Il faut dire que c'est le genre de sujet très délicat mais qui m'intéresse vraiment. Je l'ai lu d'une traite, durant ma traversée Ajaccio/Nice en bateau et je n'ai pas réussit à décrocher une fois le livre ouvert. Pourtant, au début, je cherchais le lien entre cette petite fille juive en 1942 et cette américaine, Julia, exilée à Paris en 2002. Et même qu'elle m'agaçait un peu à entrecouper le récit de la vie de Sarah parce que finalement, c'est ce qui m'intéressait le plus. Savoir si elle allait sauver Michel, son petit frère. En savoir plus sur les évènements du Vel d'Hiv... Mais j'avais quand même envie de comprendre ce fameux lien et plus je tournais les pages, plus je voulais en savoir. Et finalement, ce ne sera qu'à travers Julia que la vérité pourra éclater alors on se prend au jeu de son enquête, on la soutient alors qu'elle est seule contre tous à vouloir briser le silence.

Qu'est-il arrivé à Sarah? C'est la question qui ne cessera de hanter Julia. Et de nous hanter. Du coup, et je pense que ça a été le ressenti de pas mal de lecteurs de ce roman, quand l'histoire se penchait sur les problèmes de couple de Julia, j'en avais un peu rien à faire. C'est malheureux à dire mais ses problèmes conjugaux face à ce qu'avait vécu Sarah, et toute la communauté juive à cette époque, cela m'a semblé un peu insipide. Pourtant, ces problèmes étaient nécessaires à l'histoire puisque c'est pour y faire face que Julia se lance, d'abord, dans sa quête. Et ensuite, parce qu'elle veut savoir la vérité. Mais peut-être étaient-ils un peu trop présents? Peut-être l'auteure a-t-elle voulu rendre son livre plus accessible au grand public, un public friand de petites histoires d'amour, et de choses matérielles? Pourtant, la seule histoire de Sarah suffisait à faire de ce livre un incontournable.

Malgré cela, je ne peux pas classer ce livre ailleurs que dans mes coups de coeur. Parce qu'il ne m'a pas laissé indifférente, et parce qu'il permettra sans doute de faire découvrir une partie de l'Histoire aux plus jeunes, qui n'auront peut-être pas l'envie ou la volonté de se lancer dans des oeuvres plus sombres et plus réalistes comme par exemple Si c'est un homme, de Primo Levi, que je recommande vraiment à ceux qui s'intéressent à tout ça (je ferai bientôt une chronique dessus d'ailleurs). Parce que c'est sûr, il ne faut pas oublier... Mais pour en revenir à Tatiana de Rosnay, que je découvre donc avec ce roman, elle a su, à travers Elle s'appelait Sarah, faire remonter des évènements beaucoup moins connus et racontés que ceux que nous connaissons au sujet de la Shoah. Parce que ce n'était pas qu'Auschwitz, et je l'avoue, avant de lire ce livre, je n'avais jamais entendu parler des évènements du Vel' d'Hiv... Et je vais profiter d'être en région parisienne cette année pour aller découvrir ces lieux dont il est question dans le roman, d'autant plus que le thème de mon semestre de Littérature Comparée est la vie au camp...

Zakhor, Al Tichkah. Souviens-toi. N'oublie jamais.

Conclusion
Après la lecture du livre, j'ai regardé l'adaptation cinématographique de Gilles Paquet-Brenner avec Kristin Scott Thomas, que j'ai beaucoup aimé bien que je l'ai trouvé moins poignant que le livre. Je ferai peut-être un billet dessus mais une chose est sûre, que ce soit en livre ou en film, l'histoire de Sarah est à découvrir!
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