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samedi 30 novembre 2013

La grâce des brigands

Auteure : Véronique Ovaldé
Parution française : Août 2013
Éditeur : Editions de l'Olivier

Quatrième de Couverture

Maria Cristina Väätonen a seize ans lorsqu’elle quitte la ville de son enfance, une bourgade située dans le grand Nord, entourée de marais et plongée dans la brume la plupart de l’année. Elle laisse derrière elle un père taciturne, une mère bigote et une sœur jalouse, pour s’installer à Santa Monica (Los Angeles). C’est le début des années 70 et des rêves libertaires.
Elle n’a pas encore écrit le roman dans lequel elle règlera ses comptes avec sa famille, et qui la propulsera sur la scène littéraire. Et elle n’est pas encore l’amante de Rafael Claramunt. Séducteur invétéré, cet excentrique a connu son heure de gloire et se consacre désormais à entretenir sa légende d’écrivain nobélisable. Est-il un pygmalion ou un imposteur qui cherche à s’approprier le talent de Maria Cristina ?

Véronique Ovaldé a récemment publié Et mon cœur transparent (prix France Culture – Télérama 2008), Ce que je sais de Vera Candida (Grand Prix des lectrices de Elle 2010, prix France Télévisions 2009, prix Renaudot des lycéens 2009) et Des vies d’oiseaux (2011). La Grâce des brigands est le quatrième roman qu’elle publie aux Éditions de l’Olivier.


Ce genre de petite fille, quand elle devient grande, se transforme en une personne d'une intranquilité encombrante. De celles qui passent leur temps à anticiper, conjecturer et présumer à propos de ce qu'on pense d'elles quand elles sont absentes. Qui sont si sensibles à ce qui est dit d'elles dès qu'elles sont sorties de la pièce que l'expectative les rend marteaux.

Le Choix du Livre
J'ai reçu La grâce des brigands, de Véronique Ovaldé, à l'occasion des Matchs de la rentrée littéraire 2013 organisés par Price Minister, mais évidemment, je n'ai pas choisi ce livre (entre autres) par hasard. J'avais eu l'occasion de lire Ce que je sais de Vera Candida, de la même auteure, et j'avais vraiment aimé cette lecture. C'est pourquoi j'avais vraiment envie de découvrir un peu plus son univers!

Mon Avis
J'ai été très occupée ces dernières semaines et j'ai bien cru que je n'arriverais pas à finir de lire ce livre à temps pour en faire la critique avant la date butoir. J'ai commencé le livre avant-hier, je l'ai fini à l'instant. C'est-à-dire que j'ai lu 284 pages en 2 jours, avec des cours au milieu. Il faut dire qu'une fois lancée dans le récit de la vie de Maria Cristina, on a du mal à lâcher le bouquin! La narration n'y est pas pour rien car si le roman commence avec la Maria Cristina "d'aujourd'hui", le livre prend finalement la forme d'un gros flash-back lorsque sa mère l'appelle en lui demandant de revenir. Cette mère qui l'a littéralement exclue de sa vie dix ans auparavant. On se demande Alors quand l'histoire va reprendre son cours, tout en étant évidemment intéressé par ce qu'a vécu cette petite fille de Lapérouse débarquée aux Etats-Unis à l'âge de 17 ans. Et plus les pages se tournent, plus on en apprend. On grandit avec Maria Cristina, la petite fille, l'adolescente qui se découvre femme, la sexualité, la descente aux enfers et le coup de fil de Lapérouse...

Tout d'abord l'enfance donc. Lapérouse, une maison "rose-cul", un père illettrée, une mère folle et dévote et une sœur jalouse. Comment avoir l'envie de rester enfermée dans ce milieu? Alors Maria Cristina va devenir la vilaine sœur. Volonté ou hasard? Qu'importe. Le tout est de partir loin de cette ville, loin de cette famille. A Los Angeles, elle rencontre Joanne. Celle qui va devenir comme une sorte de meilleure amie, qui va lui apprendre à devenir une américaine aussi. Et puis Claramunt. Écrivain, patron, amant. Grâce à lui, elle va publier son premier roman. Et on pourrait croire que toute cette histoire va tourner autour de lui, de cette impressionnante figure qui fascine Maria Cristina. Mais non. Les hommes, les livres, le sexe, la famille... et les souvenirs. Ceux qui hantent toute une vie. Les indicibles. La grâce des brigands, c'est un peu tout cela à la fois. Et on a du mal à imaginer comment la frêle Maria Cristina réussit à porter tout sur ses épaules. Elle même ne le sait pas vraiment.

Se présentant comme une sorte de biographie romancée par un narrateur (ou une narratrice) ayant eu accès aux "archives" de Maria Cristina puis, peu à peu, apparaissant presque comme une amie, La grâce des brigands nous informe dès les premières pages de ce que va être le dénouement de cette histoire. Pourtant, on ne peut pas s'empêcher d'espérer à chaque page que tout va s'arranger pour elle. Qu'après tout ce qu'elle a vécu, elle a bien droit à un peu de bonheur. Et c'est à ce niveau là que le livre est, pour moi, vraiment très bien travaillé. Chaque fois que les choses semblent s'arranger, un nouvel élément vient s'ajouter qui change la donne et ainsi de suite jusqu'au dénouement final. Attendu, et inattendu. Surprenant en tout cas. Bien qu'ayant préféré Ce que je sais de Vera Candida, j'ai vraiment apprécié La grâce des brigands et cette lecture m'a toutefois confirmé que j'aime vraiment beaucoup l'écriture de Véronique Ovaldé et notamment ses portraits de femmes fortes et singulières, pas parfaites mais tout simplement humaines.


Je sais qu'un jour, disait-elle à Joanne, les angoisses m'étoufferont et m'empêcheront définitivement de voir le monde tel qu'il est, ce sera comme une cataracte, quand le cristallin se trouble, et je deviendrai insupportable, d'une anxiété asphyxiante.

Conclusion
Si je n'avais pas lu Ce que je sais de Vera Candida, ce roman aurait été un coup de cœur! Cependant, il reste un livre que je conseille vraiment car je pense qu'il dévoile beaucoup de choses sur l'auteure et sa relation à l'écriture et à la lecture et que c'est aussi un des points très intéressant du livre outre la vie de Maria Cristina.
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