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samedi 21 décembre 2013

Une journée d'Ivan Denissovitch

Auteur : Alexandre Soljenitsyne
Titre original : 
Один день Ивана Денисовича
Traducteurs : Lucia et Jean Cathala
Première Édition Russe : 1962, Novy Mir
Première Édition Française : 1975, Julliard
Éditeur Actuel : 10/18


Quatrième de Couverture
En 1962, pour qu'Une joumée d'Ivan Denissovitch pût être publiée en URSS, Soljenitsyne avait dû consentir à des coupures et, par endroits, remanier le texte original. Voici la version intégrale de ce roman si profondément, si tragiquement russe et qui, cependant, fait maintenant partie du patrimoine mondial de la culture. Vingt ans ont passé depuis qu'il a vu le jour. Des oeuvres monumentales ont succédé à ce joyau : le Premier Cercle, le Pavillon des cancéreux, Août Quatorze et ce requiem colossal qu'est l'Archipel du Goulag ; pourtant, c'est toujours Ivan Denissovitch qui revient le premier à la mémoire dès qu'on nomme Soljenitsyne.

On pourrait se dire : à quoi bon ça bosse un zek, et des dix ans de suite ? Suffirait qu'il ne veuille pas et qu'il frime jusqu'au soir : la nuit est à nous, hein ? Seulement il n'y a pas mèche. Et c'est pour ça qu'on a inventé la brigade. Oh, pas la brigade comme en liberté, où je touche mon salaire de mon côté et toi du tien. Que non pas : une brigade de camp, c'est un système pour que ça ne soit point l'administration qui fasse suer les zeks, mais que chaque zek oblige l'autre à marner. Là, c'est simple : ou bien tout le monde touchera sa ration supplémentaire, ou bien vous crèverez tous ensemble.

Le Choix du Livre
Une journée d'Ivan Denissovitch est le second livre de mon programme de Littérature Comparée après Si c'est un homme. Je pense que je ne serais jamais allé vers ce livre de moi-même, et j'avoue ne m'être jamais vraiment intéressée à la réalité du goulag qui pourtant  mériterait qu'on en parle un peu plus car c'est un sujet qui reste encore trop méconnu.

Mon Avis
Dire que j'ai vraiment adoré Une journée d'Ivan Denissovitch, ce serait mentir. A vrai dire, je l'ai commencé une première fois, et j'ai arrêté au bout de 80 pages. J'ai eu beaucoup de mal avec le style de l'auteur, ou plutôt la traduction, mais j'imagine qu'en russe, ce doit être pareil. Cela dit, les tournures de phrases étaient déjà assez difficiles à comprendre et, ajouté à ça, les termes russes gardés par le traducteurs, vraiment j'ai eu du mal. En plus, il faut dire ce qui est, il ne se passe pas grand-chose durant cette journée. Car tel est le principe de ce livre : raconter une journée banale dans la vie d'un zek (prisonnier) banal : Ivan Denissovitch Choukhov. Alors oui, au début je me suis ennuyée et je me suis demandé comment un tel livre pouvait avoir eu autant d'impact et autant de succès.

Puis les cours sont passés de Primo Levi à Soljenitsyne et on a commencé à en parler. J'ai dû bosser un exposé sur "Le langage du camp" dans Une journée d'Ivan Denissovitch et je me suis décidé à reprendre la lecture depuis le début. Je me suis habituée au style et, surtout, j'ai compris que le but d'Alexandre Soljenitsyne n'était pas de décrire l'horreur du goulag telle qu'on l'imagine mais bien de nous la faire sentir à travers les moindres gestes du quotidien. Et c'est finalement là toute la force du livre : un personnage sympathique, des situations banales, quelques touches d'humour sauf que... nous sommes bien dans un goulag. Et quand on se rend compte de cela, tout prend une autre couleur. Chaque mot, chaque événement prend une autre tournure.

Si pour nous, une journée n'est rien de plus qu'une journée, pour Choukhov et pour des milliers de prisonniers, chaque journée est une victoire. Chaque gestes du quotidien, une lutte. Mais Choukhov a compris le fonctionnement du camp et il s'avère, finalement, être un personnage certes peu instruit mais plutôt malin et surtout résigné. Résigné à passer sa vie au goulag avec très peu d'espoir de rentrer chez lui un jour. Puis rentrer, pourquoi faire? C'est peut-être finalement le plus dérangeant dans ce livre. De voir à quel point le système concentrationnaire russe parvient à faire de ces hommes de braves ouvriers obéissants qui finissent par se sentir plus chez eux, presque en famille, au camp que dans leur propres chez soi...

Le vrai ennemi du prisonnier, c'est le prisonnier son frère. Si les zeks n'étaient pas des chiens entre soi... eh bien, les chefs, ils ne seraient plus de force à les commander. 


Conclusion
Au final, je ne peux pas mal noter ce livre. C'est vrai que, comme je le disais, j'ai eu du mal au début. Mais déjà, la deuxième lecture est beaucoup mieux passé puis quand on a compris la manière de procéder de Soljenitsyne, on comprend également toute l'ampleur d'Une journée d'Ivan Denissovitch. Un livre à ne pas manquer donc si l'on veut en savoir un peu plus sur ce qu'a pu être la vie au goulag. Un sujet certes moins tabou qu'à l'époque mais sur lequel on ne s'étend pas beaucoup non plus.  
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