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dimanche 26 janvier 2014

[CRC] Orgueil et Préjugés - Jane Austen

Ah, Jane Austen... Comment vous dire que je suis une grande admiratrice de cette auteure? Ce roman faisant partie du Challenge Romans Cultes de Métaphore, je me suis dit que ce serait l'occasion parfaite de le relire et de passer quelques temps en compagnie d'Elizabeth et de Mr Darcy! Et c'est typiquement le genre de livre que je suis pressée de lire mais dont j'appréhende d'arriver au bout car je n'ai tout simplement pas envie de quitter cet univers qui m'enchante tant... Car oui, la littérature britannique du XIXème siècle me fait rêver. Jane Austen me fait rêver. Et Mr Darcy me fait rêver aussi!

Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen.  Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage: l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

Ce que j'aime dans ce roman? J'aurais tendance à répondre absolument tout. Mais je vais essayer d'être plus précise que ça. Jane Austen décrit la société anglaise du XIXème siècle d'une façon tout à faite juste et ironique. Les personnages du roman représentent chacun à leur façon une facette de cette société complètement basée sur les apparences, les conventions et les richesses. Autrement dit sur l'hypocrisie. Car en effet, ce que nous dépeint ici Jane Austen, c'est bien l'hypocrisie de sa société à travers une oeuvre transpirant l'ironie et la satire. D'un côté nous avons la famille Bennett dignement représentée par la mère qui n'a qu'un désir : que ses filles se marient avec de bons partis. Parce que des filles, elle en a cinq et elle n'a que ça. Ce qui signifie qu'à la mort de Mr Bennett, leur demeure de Longbourn deviendrait la propriété d'un certain Mr Collins, laissant toutes ces demoiselles démunies. On pourrait donc comprendre cette obsession de Mrs Bennett si elle n'était pas autant casse-pieds parce que, soi-disant, elle souffre des nerfs. Mr Bennett apparaît comme un homme très calme à côté, point du tout assorti à sa femme, et affectueux envers ses filles. C'est un personnage que j'apprécie assez pour cela mais il a également ses torts. Quant à leurs filles, si les deux aînées, Jane et Elizabeth sont irréprochables, ce n'est pas le cas des trois autres. Lydia et Kitty ne pensent qu'à flirter, quant à Mary, assez insignifiante et effacée, elle ne s'intéresse pas aux hommes ni au mariage et encore moins aux affaires de sa mère et de ses sœurs en général. Bref, la famille Bennett représente donc cette population anglaise aux moyens limités qui cherche à se faire une place dans la société par tout les moyens, allant même jusqu'à se ridiculiser comme nous le prouve Mrs Bennett à maintes reprises.

Il est universellement admis qu'un célibataire nanti d'une belle fortune a forcément besoin d'une épouse. Si mal connus que soient les sentiments ou les opinions d'un tel homme, dès lors qu'il paraît dans une certaine société, cette vérité est si bien ancrée dans l'esprit des familles du voisinage qu'il est considéré comme propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles.

Et de l'autre côté, il y a bien sûr les riches. Représentés d'abord par l'arrivée de Mr Bingley dans le voisinage des Bennett, accompagné bien évidemment de ce cher Mr Darcy. Celui-là même qui apparaît hautain et orgueilleux à Elizabeth et qui donne une bien piètre image de ce que pouvaient être ceux qui avaient beaucoup d'argent. Cette image sera renforcée par la présence de la sœur de Mr Bingley, Caroline, mais aussi et surtout par la présence de l'odieux personnage qu'est Lady Catherine. En somme, on pourrait penser que pauvres ou riches, tous les personnages d'Orgueil et préjugés sont exécrables et uniquement attirés par l'argent. Soit qu'ils souhaitent en acquérir via le mariage, ou le conserver en se mariant avec des personnes du même rang voire même d'autres personnages qui n'hésitent pas à tromper tout le monde pour de l'argent. Mais au-delà de cette satire sociale, Jane Austen nous offre également un autre panel de personnages : ceux qui décident de ne pas se conformer aux conventions. Ceux qui ne veulent pas d'un mariage arrangé malgré les avantages financiers que cela pourrait représenter. Et en premier lieu, nous avons bien évidemment la pétillante Elizabeth qui souhaite tellement se marier par amour qu'elle préfère même imaginer qu'elle ne se mariera jamais. Bon, tout le monde sait comment tout cela finira entre elle et Mr Darcy. Mais justement, en voilà un personnage bien mystérieux et qui, malgré ses premières idées sur ce que doit être le mariage et fait donc d'abord partie de ces riches qui préfèrent rester entre riches, finira par changer d'avis pour les beaux yeux d'Elizabeth. Tout comme Mr Bingley pour ceux de Jane. Nous avons donc ce quatuor de personnages qui nous montre qu'à travers cette société gangrenée par l’appât du gain, l'espoir de se marier par amour est encore permis.

Vous m'avez donné une leçon, dure sans doute, mais précieuse. Par vous j'ai été justement humilié. Je venais à vous, n'éprouvant aucun doute au sujet de l'accueil qui m'attendait. Vous m'avez montré combien mes prétentions étaient insuffisantes pour plaire à une femme qui avait le droit d'être difficile.

J'ai beaucoup parlé des personnages parce que, vraiment, chacun d'entre eux est travaillé à la perfection. On haït ceux qu'on doit haïr, et on aime éperdument ceux qu'on doit aimer. On comprend les sentiments d'Elizabeth qu'on ressent en même temps qu'elle, d'autres personnages nous reste un mystère du début à la fin mais, de toute façon, c'est ceux qu'on n'a pas forcément envie de comprendre alors ce n'est pas grave. Jane Austen maîtrise tout ceci à la perfection et elle nous emmène avec elle, dans son univers, à son époque. Son style est fluide et agréable. Encore aujourd'hui, si les événements racontés ne sont plus d'actualité, on n'a aucun mal à les comprendre et à s'imaginer les vivre. Quand je lis Orgueil et Préjugés, je n'ai aucun mal à me trouver à Longbourn, à voyager dans le vieux Londres et même à aller visiter Pemberley et tomber nez à nez avec Fitzwilliam Darcy. Et finalement, n'est-ce pas tout ce qu'on attend d'un bon roman, voyager?

La vanité et l'orgueil sont deux choses différentes, bien qu'on emploie souvent ces deux mots l'un pour l'autre ; on peut être orgueilleux sans être vaniteux. L'orgueil se rapporte plus à l'opinion que nous avons de nous-mêmes, la vanité à celle que nous voudrions que les autres aient de nous.


Personnellement, j'ai voyagé dans le temps et l'espace durant toutes ma lecture. J'ai ressenti tout un panel d'émotions, j'ai aimé, j'ai détesté, j'ai été énervé, attendrie, compatissante, ahurie. Alors que demander de plus? Orgueil et préjugés est pour moi un véritable coup de cœur qui m'a donné envie de me replonger dans toutes les œuvres de Jane Austen, de revoir le film avec Keira Knightley et même de regarder la fameuse mini-série Orgueil et quiproquos!

Ce livre a été lu dans le cadre du
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