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mercredi 8 janvier 2014

La nostalgie heureuse - Amélie Nothomb

On commence l'année 2014 avec un livre de la rentrée littéraire 2013 : La nostalgie heureuse d'Amélie Nothomb. Autant vous le dire, je suis une grande admiratrice de cette auteure belge depuis que j'ai découvert Hygiène de l'assassin. J'étais au collège, en 4ème. Depuis, j'ai lu tous ses romans et je n'attends jamais avant de me jeter sur son dernier roman en date. Mais cette fois-ci, je n'ai pas pu me permettre de me faire ce plaisir à cause du nombre d'ouvrages que j'ai du me procurer pour mes études. Mais les parents de NicoChéri m'ont fait le plaisir de me l'offrir à Noël! Double plaisir d'ailleurs car cela faisait plusieurs années que j'étais un peu déçue par les romans de Nothomb et, qu'en plus de cela, je n'ai jamais vraiment aimé ses autobiographiques mais là, j'ai vraiment adoré La nostalgie heureuse que j'ai lu d'une traite dans le train me ramenant vers ma période d'examens...

Dans ce roman, Amélie nous raconte un épisode relativement récent de sa vie : son retour au Japon après seize années loin du pays qui l'a vu grandir. En 2012, une équipe de télévision souhaite tourner un reportage de l'écrivain sur les traces de son enfance et lui propose donc ce voyage durant lequel elle devra retrouver ceux qu'elle a aimé : Nishio-San, sa nounou qu'elle a toujours considéré comme sa seconde mère et dont il était question dans Métaphysique des tubes, et Rinri avec qui elle était fiancée et dont elle parle dans Ni d’Ève ni d'Adam. Mais elle doit également préparer ses retrouvailles avec un pays changé, métamorphosé. Un pays ravagé par le tsunami de 2011. Nous suivons donc Amélie sur les traces de son enfance et nous redécouvrons avec elle les lieux déjà évoqués dans ses précédents romans, et des nouveaux lieux chargés d'histoire comme c'est le cas de Fukushima.

"Plus un chagrin est banal, plus il est sérieux. Tout le monde connait cette expérience cruelle : découvrir que les lieux sacrés de la haute enfance ont été profanés, qu’ils n’ont pas été jugés dignes d’être préservés et que c’est normal, voilà."

J'ai, pour la première fois, vraiment été touchée par l'être humain qu'est Amélie Nothomb. Jusqu'à présent, j'étais surtout fascinée par l'auteure mais elle ne m'avait jamais vraiment touchée dans ses biographies. Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi mais j'avais un peu cette sensation qu'elle en faisait toujours trop pour que ça sonne juste et c'est sans doute pour cela que les romans où elle se dévoilait étaient ceux que j'aimais le moins. Mais ici, je l'ai trouvé beaucoup plus humble, beaucoup plus sincère et peut-être beaucoup plus japonaise alors que dans Ni d'Eve ni d'Adam, elle était encore trop belge pour vivre au Japon peut-être... Quoi qu'il en soit, on ressent vraiment l'émotion qu'a ressenti Amélie lors de ses retrouvailles avec Nishio-San, Rinri et le Japon en général dans La nostalgie heureuse et si je devais expliquer pourquoi, je dirais que c'est sans doute parce que pour une fois, elle se dévoile simplement. J'ai trouvé son écriture un peu différente, moins pompeuse. Elle utilise des mots simples par rapport à d'habitude, et c'est aussi peut-être parce que malgré son statut d'écrivain, de retour au Japon elle reste une enfant pour Nishio-San et une ex-petite amie pour Rinri. Elle n'est pas Amélie Nothomb, juste Amélie... D'ailleurs, elle n'hésite pas à remettre en cause son statut d'écrivain à plusieurs reprises. Elle a déjà du mal à comprendre qu'on accepte de faire un reportage sur elle. Quand elle parle un japonais bancal, elle se sent diminuée, elle ne maîtrise pas aussi bien les mots que dans ses romans.

"Elle me parlait comme à une gentille handicapée mentale qui se prenait pour un écrivain célèbre alors qu'elle n'était même pas capable d'articuler une phrase correcte."

En définitive, le tout dernier Amélie Nothomb a vraiment été un ravissement pour moi. Je l'ai adoré du début à la fin et j'ai adoré découvrir cette facette de l'auteure que je ne connaissais pas encore. Elle m'a émue, elle m'a aussi fait rire comme quand elle s'interroge sur les gens qui baptisent leurs enfants selon les prénoms qu'elle donne à ses personnages. Pour les déçus des derniers romans de la belge, je ne saurais que trop vous conseiller de tenter l'expérience surtout si vous avez aimé ses romans autobiographiques.
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