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jeudi 15 mai 2014

Quand le requin dort - Milena Agus

Les examens étant bel et bien terminés, et ma licence avec, je peux reprendre des activités normales et me replonger enfin dans ces livres que j'avais bien trop longtemps laissé de côté. Avec Quand le requin dort, j'achève ma découverte de la bibliographie de Milena Agus, auteure sarde que j'ai découvert il y a déjà quelques années de cela. Toujours éditée chez Liana Levi, les romans de Milena Agus ont des titres et surtout des couvertures qui m'interpellent à chaque fois car féminines et sophistiquées. Quand le requin dort ne fait pas exception à la règle. Pourtant, c'est sans doute le roman que j'ai le moins apprécié de la romancière et j'ai eu beaucoup plus de mal à entrer dans l'histoire jusqu'à environ la moitié. Sachant que le livre ne compte que 160 pages, ça fait quand même un peu long... Je vais donc tenter de vous dire exactement pourquoi ce roman moins que les autres.

Sardes depuis le Paléolithique supérieur, les Sevilla-Mendoza ignorent la normalité. Un père entiché de voyages lointains, une mère perdue devant la vie, une tante plongée dans des amours sans lendemain, un frère sourd à tout sauf à son piano. Celle qui décrit l’étrange et attachante ambiance familiale, avec une impassible candeur, est une adolescente engluée dans une liaison inavouable… Une liaison qu’elle cache à sa famille, où pourtant on parle d’amour et de sexe sans inhibitions. On y parle aussi de Dieu, dont on n’arrive pas à décider s’il existe ou pas. Plutôt qu’à lui, autant s’en remettre à la superstition pour affronter les dangers de l’existence. Celle-ci se déroule comme si on était dans la gueule d’un requin. Un requin qui vous enserre entre ses dents et vous empêche de vivre. On essaye d’en sortir quand il dort…

Ce qui m'a toujours plu dans les romans de Milena Agus, c'est sa manière de mettre en scène la Sardaigne. Au premier plan. Comme si elle était elle-même un des personnages de l'histoire. Mais ici, je n'ai pas retrouvé cet aspect des œuvres de l'auteure sarde et je pense que c'est une des premières raisons qui font que j'ai moins apprécié Quand le requin dort. De plus, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire. Peut-être parce que l'adolescente qui raconte ses expériences et sa famille, bien qu'aussi fragile et marginale que les héroïnes auxquelles Milena Agus nous a habitué, accepte de subir des choses un peu trop violentes et qu'elle le raconte avec des mots un peu trop crus à mes yeux? Il est vrai que certains passages m'ont dérangés. Pourtant, je ne suis pas du genre à m'offusquer pour un rien mais c'est le contraste entre la naïveté  presque candide de la narratrice et ses pratiques qui m'a surtout déstabilisé et je n'ai pas spécialement apprécié cet aspect de l'oeuvre. Cela dit, je pense que c'était ce même contraste que l'auteure cherchait à mettre en valeur.

Chez nous, chacun court après quelque chose : maman la beauté, papa l'Amérique du sud, mon frère la perfection, ma tante un fiancé. Et moi, j'écris des histoires parce que quand le monde ne me plait pas, je me transporte dans le mien et je suis bien.

Pourtant, je ne dirais pas que je n'ai pas aimé. Comme à ses habitude, l'auteure sarde nous offre également de pures moments de beauté, de poésie et de légèreté. Ce qui est toujours très surprenant, c'est l'optimisme avec lequel elle raconte des situations tristes. La vie des Sevilla-Mendoza est loin d'être rose, et pourtant, Milena Agus en fait quelque chose de presque positif, parfois même drôle et toujours émouvant. Et toujours comme à son habitude, on est face à des personnages féminins qui semblent fragiles en apparence mais qui, tout au fond, font preuve d'une force insoupçonnée même si leur façon de mettre cette force à leur service n'est pas forcément ce à quoi on s'attendrait. Mais, finalement, dans la vraie vie, la force des femmes n'est pas non plus là où on l'attendrait et c'est aussi en cela que les romans de Milena Agus s'avèrent de vraies petites perles. Mais, pour en terminer avec Quand le requin dort, je reste un peu sur ma faim et j'espère que notre sarde préférée prépare déjà quelque chose de nouveau à se mettre sous la dent!

Ce que nous avons en commun maman et moi, c’est que nous mettons du miel sur tout, alors que ma tante est carrée, et quand quelqu’un a envoyé promener quelqu’un d’autre elle dit qu’il lui a « botté le cul ». Maman et moi n’aimons pas les manières de ma tante. Nous aimons voir le monde derrière une couche de miel et papa dit qu’on finira par se faire un diabète du cerveau.




J'ai l'impression que chaque année, je lis un des romans de Milena Agus juste avant de partir en vacances. Et comme je vais en Corse, et que c'est près de la Sardaigne, je repense à l'atmosphère bien particulière des romans de ses romans et j'ai une envie irrépressible de prendre le bateau direction Cagliari. Et je compte bien tenter l'expérience cette année (bon, OK, pas jusqu'à Cagliari...), mais du coup, ce ne sera pas grâce à mes lectures mais juste à mon envie persistante depuis ma première rencontre avec Milena Agus qui reste quand même, à mes yeux, une excellente auteure à découvrir!
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