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dimanche 11 mai 2014

Remember - Benjamin

Je reviens ici après plusieurs mois d'inactivité, la dernière année de licence ayant été chronophage, pour vous parler d'un artiste chinois : Benjamin. La façon dont je l'ai connu n'est pas des plus glorieuses puisque j'ai découvert ses sublimes dessins dans le clip de Jena Lee. C'était en 2009. Bon, les dessins ne m'ont pas aidé à apprécié plus l'artiste et sa chanson mais quand j'ai vu la couverture de ce manhua à la médiathèque, j'ai eu envie de découvrir ce que cet auteur chinois avait fait d'autre dans sa carrière. Et quand j'ai feuilleté quelques pages sur place, j'ai été émerveillée par la beauté des images, ce qui a fini de me convaincre qu'il fallait que je lise ce manhua et que j'en sache un peu plus sur Benjamin et son univers particulier. Car oui, le style de Benjamin  est non seulement un renouveau de la BD chinoise mais aussi un renouveau de la BD tout court, ne serait-ce que graphiquement parlant. 

Enfin accessible au public européen, l'oeuvre de Benjamin, jeune dessinateur chinois synonyme d'une ère nouvelle sur l'empire du milieu : nouvelles, illustrations et commentaires permettent d'avoir un large aperçu de ses talents et de sa personnalité complexe. Plongez dans son univers tout en couleurs...

C'est ce que nous dit la quatrième de couverture de l'édition française de Remember, assurée par feues les éditions Xiao Pan. Et pourtant, si les illustrations de Benjamin sont effectivement hautes en couleur, ses histoires le sont un peu moins et j'ai beaucoup aimé l'association des deux. En fait, j'ai vraiment accroché à la sensibilité de cet artiste qui dépeint à la fois le milieu de la BD chinoise dans lequel il a évolué, où l'innovation et la personnalité n'ont pas lieu d'être, et ses propres expériences sentimentales en tant que dessinateur. Bien que je ne sois pas personnellement dans le même cas que lui, la première histoire de Remember m'a touchée. Intitulée "Personne n'est capable de voler. Personne n'est capable de se souvenir", cette courte histoire m'a rappelée quelques moments de ma vie où j'ai sans doute ressenti les mêmes choses que l'héroïne, Yu Xin, qui tombe amoureuse d'un jeune garçon aux talents immenses. Enfin, je ne vais pas m'étaler sur ma vie privée ici mais dans la postface de cette histoire, Benjamin a écrit : " S'il y a un lecteur assez futé pour flairé la vérité dans cette histoire, pour humer une sincérité que ma perversion n'aurait pas encore engloutie, ce sera ma plus belle récompense", et je crois que - sans prétention - j'ai réussi à entrevoir cette vérité dans le récit de Benjamin et que cette vérité m'a touchée.

Tu sais juste exiger des autres qu'ils te supportent... qu'ils changent pour toi. Tu exiges beaucoup des autres sans jamais rien donner en retour. Tu te bornes à attendre les mains dans les poches que les autres viennent à ton secours.

La deuxième histoire, beaucoup plus courte et qui s'intitule "L'été de cette année-là" possède, encore une fois, un style graphique unique et magnifique. Et le portrait de ce garçon solitaire et passionné de dessin n'a pas manqué de me rappeler mon passé une fois de plus. Mais, allez savoir pourquoi, elle m'a un peu moins touchée alors que, paradoxalement, Benjamin dit qu'elle est plus travaillée et plus sincère que la précédente. Comme quoi, tout dépend de l'expérience et du ressenti de chacun! Quant à la fin du manhua, elle est composée des dessins et des commentaires de l'artiste et pour quelqu'un comme moi qui prête énormément d'attention au visuel, j'ai vraiment trouvé ça d'une part très beau car je suis vraiment fan de ce que fait Benjamin, mais en plus très intéressant puisque pour chaque dessin, il y a un petit commentaire qui raconte dans quelles circonstances lui est venue l'inspiration et/ou la technique employée pour obtenir ce résultat. On trouve également quelques commentaires beaucoup plus personnels de l'auteur sur sa vie privée et j'ai trouvé ça très enrichissant et intéressant. J'ai trouvé que Benjamin était un auteur très humain, très humble aussi et, pour ne rien gâcher, plutôt joli garçon! 

Cette BD parle de quête et de perte. De fait, on semble voir de la grandeur dans cette quête, mais à bien y regarder, il n'y a que confusion et égoïsme. Il est bien possible que le bonheur réside justement dans ce que l'on méprise et rejette. 


Je vais donc conclure sur cet éloge de Benjamin et de son Remember que j'ai vraiment adoré. La première histoire m'a réellement touchée et je suis tombée sous le charme de ses illustrations dont je vous laisse quelques exemples pour terminer ce billet comme il se doit, en espérant que ça vous donnera envie de découvrir cet artiste chinois et son univers hors du commun.



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