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mardi 1 juillet 2014

Le plus petit baiser jamais recensé - Mathias Malzieu

Je louche sévèrement sur le dernier Mathias Malzieu, Le Plus petit baiser jamais recensé, depuis sa sortie sans avoir forcément les moyens de me l'offrir. Aussi, quand j'ai vu qu'il était disponible dans ma médiathèque, je l'ai réservé illico! Comme toujours chez cet auteur, tout me titillait : le titre, la couverture, la quatrième de couverture et bien sûr Mathias Malzieu lui-même, un auteur que j'aime d'amour parce que dès que j'ouvre une de ses œuvres, je voyage et je rêve. Et cette fois encore, l'alchimie a fonctionné sur moi! Une fois le livre ouvert, je ne l'ai plus lâché avant d'avoir tourné la dernière page et après ça, je me sentais bien. Et un peu tristounette tout de même d'avoir dévoré si vite cette petite gourmandise au goût de chocolat et de baiser. Ça m'a donné l'impression que le livre était à l'image de son héroïne : à peine le temps de l'effleurer qu'il avait déjà disparu! Mais il disparaît en beauté puisque comme à son habitude, Mathias Malzieu nous offre une édition agrémentée d'un bonus : il s'agit ici des Sparadramours, regroupement de petits poèmes tout mignons et parfois coquins qu'on retrouve tout au long de l'histoire mais aussi d'autres qu'on découvre seulement dans cette partie du roman.

Un inventeur-dépressif rencontre une fille qui disparaît quand on l'embrasse. Alors qu'ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d'un coup. Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l'inventeur se lance alors à la recherche de celle qui "fait pousser des roses dans le trou d'obus qui lui sert de cœur". Ces deux grands brûlés de l'amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire ?
Le plus petit baiser jamais recensé est un vrai faux polar romantique. Suite métaphorique de La mécanique du cœur, ce roman teinté de mélancolie regorge de gourmandise explosive. Comme si Amélie Poulain dansait le rock'n'roll et croisait le Petit Prince avec un verre de whisky.


Comme toujours, ce qui marque dans ce roman de Mathias Malzieu c'est d'une part la magie qui se dégage de l'histoire avec ce grain de folie propre à l'auteur, et d'autre part cette poésie faite d'association d'images qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. C'est simple, et je l'ai déjà dit dans mes précédentes chroniques sur l'auteur, sa plume est magique et touchante. Or, ici, le thème est beaucoup plus léger puisqu'il s'agit d'une histoire d'amour et de gourmandise. Point de deuil ou de maladie grave, même si nos tourtereaux sont deux grands blessés de l'amour. D'ailleurs, notre héros avoue lui-même qu'il a fait la guerre mondiale de l'amour et on apprend également que c'est lui qui avait perdu sa maman dans Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi... Mais à aucun moment, le ton utilisé ne devient dramatique. Si bien qu'on a vraiment l'impression d'être dans un petit cocon tout léger qui nous fait nous envoler un peu plus haut à chaque page et qu'on avance dans la lecture de plus en plus vite pour savoir comment toute cette histoire va se terminer.

Lorsque j'avais perdu ma mère, il m'avait fallu l'aide d'un géant de 4 mètres 50 pour commencer a aller mieux. Je suis un sous-doué du deuil. La peau a l'intérieur de mon cerveau est constellée de bleus qui ne s'effacent jamais. Je suis un homme-grenier. Je garde tout. Si on plantait une caméra au cœur de ma mémoire, on pourrait reconstituer ma vie, comme dans un studio de cinéma. De la joie sauvage a la colère noire en passant par la fréquence d'un battement de cils, tout est intact.

Si l'histoire est plus que surréaliste, on sent tout de même le vrai Mathias Malzieu en filigrane derrière tout ça. En tout cas, c'est l'impression que j'ai eu. L'impression que la Bombe d'amour n'était autre qu'Olivia Ruiz avec qui il a vécu une histoire d'amour entre 2005 et 2011 et qui lui a, par exemple, inspiré le personnage de Miss Acacia dans Jack et la Mécanique du Cœur (qui double d'ailleurs le personnage dans l'adaptation cinématographique sortie en Février dernier!). Bref, tout cela pour dire que les conditions fantastiques des personnages de Mathias Malzieu sont en réalité des métaphores qui retranscrivent parfaitement les affres de l'amour - à imaginer dans tous les sens du terme - qu'on connait tous. On se rappellera que, justement, Miss Acacia avait des épines qui apparaissaient lorsqu'elle se sentait menacée et, métaphoriquement, on agit tous comme ça quand on est méfiant en amour. De même, la Fille Invisible est alors la métaphore de celle qui s'efface devant les autres, qui s'efface même devant la Bombe d'amour... Au-delà du rêve et de l'imaginaire se cache donc la réalité et c'est, je pense, ce qui fait la force des écrits de Mathias Malzieu. 

Avant l'aventure avec la fille invisible, j'avais perdu la guerre mondiale de l'amour. Je n'avais ni compris ni accepté ce qui m'était arrivé. Depuis, mon passé décomposé était bloqué dans mon présent, et les fantômes prenaient plus de place dans mes draps et mes bras que les êtres vivants.


Vous l'aurez compris, Le Plus petit baiser jamais recensé a été un nouveau coup de cœur. Je l'ai adoré et dévoré du début à la fin jusqu'à m'en lécher les doigts comme une pâtisserie succulente! C'est un livre profond et léger, parfait pour clore le printemps et se lancer dans l'été le cœur léger et les yeux remplis d'images magiques.
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