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mardi 23 septembre 2014

Qui es-tu Alaska? - John Green

Ces derniers temps, mon blog pourrait être rebaptisé "Dans la peau d'une groupie de John Green" dans la mesure où j'ai l'impression que le peu de billets que je rédige lui sont consacrés! Mais si c'est le cas, c'est parce qu'il le vaut bien. Cette fois-ci, Pas de Hazel Grace Lancaster ni d'Augustus Waters. Place à Alaska, un autre personnage fascinant tout droit sorti de l'imagination d'un auteur talentueux, quelques années avant le succès de Nos étoiles contraires. J'avoue que j'avais très envie de lire autre chose de l'auteur pour voir s'il s'agissait d'un phénomène de mode sur un sujet qui touche énormément de personnes aujourd'hui ou si ce monsieur est vraiment doté d'un grand talent qui existait déjà avant le succès commercial qu'on lui connait. Et pour tout vous dire, j'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre mais au bout de quelques pages, j'ai finalement été conquise et j'ai dévoré cet ouvrage en quelques heures.

Miles Halter a seize ans et n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi, qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young. 

Qui es-tu Alaska? est LE roman de l'adolescence: les amitiés fortes, l'amour, la transgression, la soif de connaissance et la fondamentale quête de sens. La vie explose dans ce livre qui fait rire et fondre en larmes l'instant d'après et qu'on voudrait ne jamais finir. Le premier roman d'un jeune écrivain brillant, lauréat de nombreux prix littéraires aux Etats-Unis et traduit en dix langues.

En fait, ce qui m'a un peu gênée au début du livre, c'était l'impression de ne pas être dans un livre de l'époque à laquelle je pensais que l'histoire se situait. Je m'explique : j'avais l'impression que le petit Miles Halter était un adolescent des années 2000 mais transporté dans un univers digne de L'Attrape-cœurs. Sa façon de s'exprimer, puis l'arrivée à la pension, les surnoms un peu surannés que les protagonistes se donnent entre eux... Ces petits détails m'ont un peu déroutée, si bien que j'ai eu du mal à me situer. Mais très vite, les personnages deviennent attachants : un adolescent qui se passionne pour les dernières paroles des gens célèbres et qu'on surnomme Le Gros tant il est maigrichon, son compagnon de chambrée qui se fait appeler Le Colonel quand bien même il est petit et trapu, une blonde un peu hongroise un peu roumaine qui roule les R, un japonais et... Alaska. Sans oublier L'Aigle, directeur de la pension, et les weekendeurs. Bref, tout ce petit monde évolue à Culver Creek pour notre plus grand bonheur bien qu'on ne sache pas trop, au début, où veux nous emmener John Green. On se prend vraiment d'affection pour eux, on se demande en quoi Alaska est si particulière puisqu'elle seule apparaît dans le titre, on suit avec intérêt le quotidien de ces adolescents mais que va-t-il leur arriver au final? Et à quoi correspond ce compte à rebours qui sert de titres aux chapitres? Quel événement va marquer la fin du décompte? Voilà autant de raisons et de questions qui font qu'on tourne frénétiquement les pages de ce roman afin d'assouvir notre soif de découverte.

On passe sa vie coincé dans le labyrinthe à essayer d'en sortir, en se régalant à l'avance de cette perspective. Et rêver à l'avenir permet de continuer, sauf qu'on ne passe jamais à la réalisation. On se sert de l'avenir pour échapper au présent.

Et finalement, on arrive au jour J. Fin du compte à rebours. Et on se dit qu'on aurait préféré retarder l'échéance mais il reste des pages à lire alors on continue. Parce qu'au-delà des événements, ce roman fait vraiment réfléchir. Peut-être même plus que Nos étoiles contraires. En tout cas, la réflexion sur la vie est plus poussée, et plus vraie. Celle sur la mort aussi d'ailleurs. Ce qui est frappant dans ce roman, c'est la justesse avec laquelle les paradoxes, les forces et les faiblesses de l'adolescence sont mis en avant grâce à des personnages vraiment uniques, hors du commun, qu'on aime de plus en plus au fil des pages et qu'on voudrait ne jamais quitter. On a envie d'avoir la bibliothèque d'Alaska, que Miles nous récite d'autres dernières paroles, que Le Colonel nous emmène au coin fumeur (même si je ne fume pas) et que chacun d'eux nous montrent comment il faut aimer la vie et la vivre pleinement malgré le labyrinthe de souffrance dans lequel on se trouve et dont on ne peut sortir que "vite et d'un coup". C'est assez difficile de faire une trop longue chronique de Qui es-tu Alaska? sans trop en dire alors je crois que je vais m'arrêter là en espérant que ces quelques lignes vous donneront envie de découvrir ce roman.

Je les appelle la Bibliothèque de ma vie. Tous les étés, depuis que je suis toute petite, je hante les vide-grenier à la recherche de livres intéressants. Comme ça, j'ai toujours quelque chose à lire. Mais il y a tant d'autres choses qui nous attendent : les cigarettes à fumer, l'amour à faire, les balancelles à balancer. J'aurai du temps pour lire quand je serai vieille et barbante.


Je pense que vous l'aurez compris, Qui es-tu Alaska? a été un réel coup de cœur pour moi. Une magnifique découverte qui m'a fait passé du rire aux larmes (littéralement, et je pleure rarement en lisant...) qui je conseille absolument à tout le monde. Si vous avez aimé Nos étoiles contraires, vous ne serez pas déçu!
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