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vendredi 26 septembre 2014

Topaze - Marcel Pagnol

L'heure de la rentrée a sonné, et avec elle la reprise des lectures "sérieuses". Et quoi de plus sérieux que de lire le livre qui, à priori, sera le sujet de mon mémoire de Master 1? Avant de me lancer dans la chronique de cette pièce de théâtre de Marcel Pagnol, je vais un peu vous expliquer les raisons de mon choix. La littérature du XXe siècle et celle qui me fascine le plus en matière de littérature française, j'ai donc pris un rendez-vous avec le professeur spécialiste de cette matière à l'UVSQ afin qu'il dirige mon mémoire et, par chance, ses spécialités s'étendent sur les arts et le cinéma qui sont des domaines que j'aime tout autant que la littérature. Ensemble, on a évoqué Marcel Pagnol et, puisque je viens de Marseille, le choix m'a semblé judicieux, intéressant et tout fait pour moi. Après, reste à définir le sujet exacte mais j'avais dans l'idée de me diriger du côté de Topaze et de ses adaptations cinématographiques. D'où l'intérêt d'avoir lu cette oeuvre avant mon prochain rendez-vous et, si possible, d'avoir vu au moins deux des dites adaptations! Mais j'avais quand même d'autres pistes de sujets, au cas où Topaze ne m'aurait pas plu. Faire un mémoire sur un sujet qui ne nous intéresse pas n'est pas très enrichissant. Mais après la lecture de la pièce, j'ai décidé de conserver mon sujet car j'y vois vraiment des tonnes de possibilités à exploiter.

TOPAZE
Tu t'effares, mon pauvre Tamise, mais je vais te dire un secret : malgré les rêveurs, malgré les poètes et peut-être malgré mon cœur, j'ai appris la grande leçon : Tamise, les hommes ne sont pas bons. C'est la force qui gouverne le monde, et ces petits rectangles de papier bruissant, voilà la forme moderne de la force.

La quatrième de couverture de l'édition que j'ai emprunté à la médiathèque ne donnait pas de résumé, juste une citation. Je me suis donc lancée dans la lecture sans savoir de quoi il en retournait. Je ne connaissais donc, en vérité, pas du tout l'histoire de ce professeur des écoles un peu rêveur, un peu trop gentil et beaucoup trop honnête. Au début de la pièce, j'ai eu un peu de mal avec le personnage de Topaze, sa naïveté presque énervante et la situation dans laquelle il se trouvait. Je me suis dit que je n'allais jamais trouver quoi dire sur le sujet mais j'ai continué, parce que si je décidais de changer de sujet, il fallait que je me justifie auprès de mon directeur de mémoire. Puis finalement, j'ai commencé à tourner les pages de plus en plus vite, à m'intéresser vraiment à l'histoire, et à en comprendre les enjeux qui sont de plus en plus gros et vont de plus en plus loin. Beaucoup, beaucoup plus loin que ce à quoi on s'attend de la part d'un Marcel Pagnol qui nous a surtout habitués à nous raconter ses souvenirs d'enfance entre Marseille et Aubagne.

Je dis qu'en général elles préfèrent les hommes qui ont de l'argent, ou qui sont capables d'en gagner... Et c'est naturel. Aux temps préhistoriques, pendant que les hommes dépeçaient la bête abattue et s'en disputaient les lambeaux, les femmes regardaient de loin... Et quand les mâles se dispersaient, en emportant chacun sa part, sais tu ce que faisaient les femmes ? Elles suivaient amoureusement celui qui avait le plus gros bifteck.

Ici, il n'est point question de Marseille mais d'une situation des plus banales. Du moins au début. Puis peu à peu, le vrai propos nous apparaît tout comme il apparaît au jeune Topaze qui se verra forcer d'ouvrir les yeux sur un monde loin d'être aussi idyllique qu'il n'y paraît. Ce professeur qui ne cesse de prôner l'honnêteté et qui tente de l'inculquer à ses élèves se verra récompenser par un renvoie de son poste et sera finalement pris au piège par les manigances d'une très belle femme. Pris entre ses principes et sa conscience, le naïf Topaze va peu à peu s'adapter à ce nouveau mode de vie où l'argent tient le rôle principal. Une pièce qui date de 1928, c'est-à-dire tout juste un an avant la Grande Dépression, mais qui finalement est toujours d'actualité aujourd'hui et j'ai été étonnée de voir à quel point. J'ai aussi et surtout été étonnée de découvrir un Marcel Pagnol bien loin de ses collines. Je l'ai toujours imaginé vivre à une époque calme, dans des lieux bercés par le chant des cigales. Et là, je découvre un autre homme, un homme qui m'intéresse, qui m'intrigue et que j'ai envie de découvrir. C'est la raison pour laquelle je ne regrette absolument pas mon choix de mémoire et j'ai vraiment hâte de me plonger dans mes recherches qui, je n'en doute pas, vont me conduire de surprise en surprise sans manquer de me rappeler ma Provence natale...

Quand on doit diriger des enfants ou des hommes, il faut de temps en temps commettre une belle injustice, bien nette, bien criante : c'est ça qui leur impose le plus!


Evidemment, je suis heureuse de placer cette oeuvre de Marcel Pagnol dans mes coups de cœur! C'est une lecture que je conseillerais volontiers aux amateurs de théâtre, aux amateurs de Pagnol, aux curieux et à ceux qui pensent que ce grand monsieur n'est que l'auteur de la Trilogie Marseillaise. Je suis d'ailleurs aussi très impatiente de faire un séjour à Marseille afin de voir le nouveau visage du Château de la Buzine - le Château de sa mère - ainsi que l'exposition Marcel Pagnol. Et qui sait, peut-être que mon Master et mon mémoire me permettront, un jour, de prendre part à ce genre de manifestations culturelles...
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