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mardi 30 décembre 2014

Sous les Couvertures - Bertrand Guillot

J'ai reçu ce roman de Bertrand Guillot à l'occasion des Matchs de la Rentrée Littéraire 2014 organisés par PriceMinister et la date butoir pour cette chronique est demain. Je l'avoue, j'ai eu plus de 2 mois pour lire ce livre et les 2 dernières semaines j'aurais largement pu le lire et poster mon billet. Pourtant, et c'est quelque chose qui arrive assez rarement, j'ai eu énormément de mal à avancer cette lecture. Je n'aime vraiment pas dire cela mais je me suis forcée à le lire pour "remplir mon contrat". Pourtant, j'avais choisi ce roman parce que la quatrième de couverture m'avait séduite, parce qu'un livre qui parle de livres, ça m plait. Mais je n'ai pas du tout accroché a concept et j'ai eu l'impression de me trouver dans mélange de Richard au Pays des Livres Magiques - film que j'adore s'il en est - et de mes cours sur l'avenir du livre imprimé face au livre électronique.

Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s’éveillent et se racontent leurs histoires… Mais ce soir, l’heure est grave : les nouveautés viennent d’arriver, et les romans du fond de la librairie n’ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur!

Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s’unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse. Autant dire qu’ils n’ont pratiquement aucune chance…

Entre roman et conte iconoclaste, Sous les couvertures, quatrième livre de Bertrand Guillot, est une merveille d’humour et d’originalité. Où l’on découvrira, entre autres, à quoi servent les classiques, en quoi les livres ressemblent à leurs auteurs… et pourquoi, à l’habit des académiciens, on a ajouté une épée.

Ce qui m'embête avec ce roman, c'est qu'il part d'une bonne idée : la guerre entre ce qui est littéraire et ne l'est pas, et la guerre entre le bon vieux livre qui fleure bon le papier et la machine qui n'a plus rien de personnel sont des thèmes d'actualité, et des thèmes sur lesquels il faut réfléchir. Car oui, on est dans une période de transition et il est bon de se demander ce que vont devenir nos livres. Donc pour le thème, aucun problème. Mais la façon de l'exposer ne m'a pas plu. Il semblerait que l'auteur cherche à dénoncer sans accuser, il balance des piques mais sans aller au bout, en se cachant derrière des livres qui seraient vivants... J'avoue que cela m'a laissée perplexe et que j'ai eu cette impression d'inachevé. J'ai aussi eu énormément de mal avec les histoires entrelacées des livres, du vieux libraire, de son fils, de sa jeune employée, des auteurs... Trop d'informations à mes yeux pour finalement pas grand-chose. Et comme toujours dans ce genre de romans qui séparent les histoires en chapitres, il y a des histoires qu'on attend plus que d'autres. La vie des livres m'a très vite lassée alors qu'elle occupe la majeure partie du roman alors que la vie de la jeune assistante du libraire, Sarah, m'intéressait vraiment - car c'est un métier que j'ai longtemps voulu exercer - et les chapitres lui étant consacrés se comptent peut-être sur les doigts d'une seule main.

Sarah aimait prendre son temps pour lire. Elle aimait surtout qu'un bon roman lui prenne tout son temps.

Pourtant, l'auteur de Sous les couvertures - que je ne connaissais pas avant de découvrir ce roman, semble maîtriser l'art des mots. A plusieurs reprises, je me suis surprises à me dire que telle ou telle tournure de phrase, que tel jeu de mots étaient vraiment astucieux, recherchés et mériteraient peut-être que l'histoire autour soit plus étoffée. J'ai tout de même apprécié voir comment un auteur voit le monde de l'édition, le monde des auteurs, et éventuellement celui des livres. J'ai appris quelques petites choses que je ne soupçonnais pas forcément et beaucoup d'éléments reprenaient des notions que j'ai récemment vu en cours. C'est d'ailleurs peut-être cela qui ne m'a pas permis d'apprécier plus ce roman. Peut-être que si j'avais eu un regard neutre sur le sujet, j'aurais réussi à mieux me plonger dans cette grande guerre des livres. Parce que je suis allée lire plusieurs critiques de blogueurs sur ce roman et il semble qu'il ait rencontré un certain succès auprès de ses lecteurs. Ce dont je me réjouis car, même si je ne l'ai pas aimé, il évoque comme je l'ai dit des sujets d'actualités dont les lecteurs d'aujourd'hui devraient prendre conscience.

Les livres portaient les espoirs démesurés et les doutes abyssaux de leurs auteurs, ce qu'ils avaient vécu et ce qu'ils auraient aimé vivre, ainsi que d'infimes morceaux d'âme dont ils n'avaient pas conscience.


Pas de surprise pour cette conclusion donc. J'ai lu Sous les couvertures, et je n'y ai pas trouvé mon compte. Cela dit, ce n'est pas une lecture que je déconseillerais puisqu'apparemment, beaucoup l'ont aimé et que, de toute façon, les sujets traités méritent d'être connus de tous lecteurs. Je vais terminer cet article en remerciant Oliver Moss qui organise les Matchs de la Rentrée Littéraire et qui permet à des tas de lecteurs de découvrir des œuvres vers lesquelles ils ne se seraient pas forcément tourné dans une librairie par exemple ;)
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