Les dernières chroniques

mardi 6 janvier 2015

Sugar ★ Soldier [1] - Mayu Sakai

Titre original : シュガー*ソルジャー[Sugar Soldier]
Dessin : Mayu Sakai
Scénario : Mayu Sakai
Traduction : Alice Lacroix
Editions : Panini Manga

Date de parution japonaise : 2011
Date de parution française : 2013


Quatrième de Couverture
Makoto Kisaragi, 15 ans.
Signe particulier : délire de persécution.
Comparée à sa grande sœur Rika, mannequin à succès, elle a une personnalité plutôt renfermée. A son entrée au lycée, Makoto décide de devenir plus mignonne, mais tout ne se passe pas comme prévu. Elle fait la connaissance d'Iriya, un camarade de classe des plus populaires... La vie de lycéenne et le combat (?!) de Makoto commencent! 


"Je rigole! Ça  aussi c'est pas mal!"
Voilà très longtemps que je n'avais pas pris le temps de me plonger dans la lecture d'un manga. La dernière édition de Masse Critique, organisée par Babelio, m'a permis de retrouver cet univers que j'aime tant mais à qui j'ai trop peu de temps à consacrer malheureusement. Je ne sais plus exactement ce que j'avais coché mais il me semble qu'à part un volume du comics de Doctor Who, je n'avais sélectionné que des shôjo, autrement dit des manga pour jeunes filles. Quand j'avais lu le résumé de Sugar ★ Soldier, cela m'avait rappelé un des derniers shôjos que j'avais lu et adoré : Papillon, de l'auteure de Peach Girl, Miwa Ueda. L'histoire de deux sœurs dont une est populaire et l'autre complexée par rapport à ça ne pouvait que m'y ramener. Evidemment, j'avais peur que ce manga, d'une auteure que je ne connaissais pas, souffre de la comparaison mais ça n'a pas du tout été le cas. J'ai vraiment atterri dans un nouvel univers graphique avec une histoire différente malgré une trame qui pourrait sembler similaire et des personnages attachants.

"Tu peux la donner à ta sœur?"
La petite Makoto est vraiment trop mignonne avec ses étourderies, mais en même temps c'est un personnage assez réaliste dans le sens où elle a toujours vécu dans l'ombre de sa grande sœur, à tel point que quand on s'adresse à elle, c'est pour qu'elle joue l'intermédiaire avec la "célébrité" qu'est Rika. Je n'ai pas de sœur mais j'imagine que ce ne doit pas être facile d'être toujours comparée à quelqu'un d'autre, surtout quand il s'agit de quelqu'un dont on est censé être proche. Bref, comme toujours dans ce genre d'histoire, le lycéen le plus populaire entre en jeu pour redonner confiance à la jeune fille complexée. Il s'agit ici d'Iriya qui m'a paru sympathique jusqu'à la dernière page du manga où mon avis a un peu basculé. La fin du tome est attendue mais malgré tout, j'ai envie de connaître la suite, les raisons qui ont poussé l'élu de Makoto à agir ainsi. Les autres personnages sont pour l'instant un peu en retrait mais j'espère qu'il prendront de l'ampleur par la suite. J'ai adoré, surtout, la touche d'humour apportée par la "Princesse Blanche-Neige" qui est un personnage complètement décalé par rapport à ce manga, mais qui - peut-être - fait la différence.

"Si un prince charmant vous offrait une pomme...
Et qu'une sorcière vous disait de ne pas la manger..."

Il faut le dire, les ficelles de ces shôjos sont toujours les mêmes et pourtant, ça fonctionne toujours autant sur moi! C'est donc sans surprise que Sugar ★ Soldier fait maintenant partie de mes coups de cœur shôjo! Je pense donc que l'achat de la suite des aventures de Makoto se fera lors de ma prochaine visite dans une librairie! 

lundi 5 janvier 2015

Lady Susan - Jane Austen

Tout d'abord, je commence cet article en vous souhaitant à tous une très belle année 2015 remplie de lectures et de belles découvertes! Pour ma part, j'ai décidé de la commencer en beauté avec une de mes auteurs favorites : Jane Austen. Je ne connaissais absolument pas ce très court roman épistolaire mais quand je suis tombée, par hasard, sur cette édition  à 2€ je n'ai pas hésité une seconde à me le procurer. Composé de seulement 116 pages divisées en 41 lettres, il se lit vraiment très vite. Le personnage central de cette oeuvre est donc une certaine Lady Susan Vernon, une femme très différente de celles qui peuplent habituellement les romans de Jane Austen puisque si elle est très belle et intelligente, elle se sert de ces atouts à des fins mesquines et égoïstes. Défauts qu'on retrouve donc plus souvent chez les hommes, surtout à cette époque où la bonne conduite et la vertu des femmes étaient un point essentiel de la société.

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question...

Il faut savoir que ce roman est un écrit de jeunesse de Jane Austen et qu'elle ne l'a pas publié. Il est donc bien antérieur aux œuvres que nous connaissons habituellement. Ne l'a-t-elle pas publié parce qu'elle ne le considérait pas comme assez bon, ou bien parce que son héroïne ne cadrait pas avec la société de l'époque? Qui sait. En tout cas, on trouve déjà dans cette petite centaine de page la verve de l'auteure, sa façon unique de dépeindre des caractères et une société dans laquelle elle vit mais où elle ne trouve pas forcément sa place, en tout cas qu'elle ne comprend pas puisque contrairement aux femmes du XIXe siècle, elle a préféré refuser la seule demande en mariage qu'elle ait jamais reçu plutôt que de se marier par intérêt. Ce qui est donc à mille lieux du comportement de notre chère Lady Vernon qui, fraîchement veuve (encore une première chez un personnage de Jane Austen), cherche un nouveau mari pour elle, ainsi qu'un mari pour sa fille Frédérica, sans se priver de séduire la gente masculine partout où elle passe. 

Il y a un plaisir délicat à réduire l'insolence, à faire en sorte qu'une personne qui avait d'avance résolu de vous détester reconnaisse votre supériorité.

Evidemment, ce qui passait pour un comportement intolérable à l'époque est presque monnaie courante aujourd'hui et certaines intrigues prêtent même à sourire. Il est certain qu'il est plus difficile de détester Lady Susan aujourd'hui que cela ne devait l'être à l'époque. Pourtant, ce n'est pas un personnage que j'ai apprécié. Je dirais même que j'ai aimé la détester. Pas parce qu'elle cherchait à séduire, pas forcément non plus parce qu'elle ne vivait que pour manigancer et intriguer mais plutôt à cause de son comportement envers sa fille Frédérica. Cette jeune fille ressemble tout à fait à un personnage de Jane Austen, elle est belle, douce et intelligente. Et elle souhaite se marier par amour. Sa mère, pourtant, la fait passer pour une enfant insupportable et, pire, elle fait comme si elle agissait pour son bien alors qu'elle lui rend la vie impossible afin qu'elle finisse par céder à épouser celui qu'elle n'aime pas. J'ai donc eu beaucoup de sympathie pour cette jeune fille rejetée et manipulée par sa propre mère. Un peu moins pour le naïf Réginald qui, bien que prévenu des agissements de Lady Susan, se laisse prendre au piège. Les autres personnages de femmes restent, sinon, bien plus proches de ce à quoi nous a habitué Miss Austen.

Moi, je n’ai pu en conscience contraindre Frederica à un mariage auquel son cœur refusait de se soumettre et, au lieu d’avoir recours à des mesures aussi rigoureuses, je me propose seulement de l’incliner à ce choix en rendant sa vie parfaitement insupportable aussi longtemps qu’elle n’aura pas accepté de parti.


Au final, même si je n'ai pas eu le coup de cœur pour Lady Susan, c'est un roman que j'ai pris plaisir à découvrir. J'ai aimé les intrigues, les personnages, et j'ai aimé découvrir Jane Austen dans l'exercice de la forme épistolaire. Encore une fois, la romancière britannique nous prouve qu'elle sait tout faire, d'autant plus qu'il s'agit, comme je l'ai déjà dit, d'un de ses premiers écrits. A ne pas manquer pour les admirateurs de Jane Austen donc, et pourquoi pas pour ceux qui souhaiteraient la découvrir à travers quelque chose de très court.
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