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mercredi 30 mars 2016

Et il me parla de cerisiers, de poussières et d'une montagne... - Antoine Paje

Ce petit livre, je l'ai pris tout à fait au hasard, au Salon du Livre, séduite par le titre et la douceur de la couverture. L'auteur? Je ne le connais pas! L'histoire? On verra bien! De toute façon, 140 pages c'est pas la mer à boire! Il s'agit en fait du tout premier roman d'Antoine Paje, son deuxième étant sorti très récemment. Et, il faut l'avouer, la couverture et le titre ne tiennent pas vraiment leur promesse. J'avais évidemment imaginer que l'histoire se passerait au Japon, ou du moins que l'archipel nippon jouerait un rôle important alors qu'en fait pas du tout. Le titre est basé sur ce que je qualifierai d'anecdote dans le roman. Même s'il s'agit d'un des graviers qui ont permis au narrateur de ne plus ramper, c'est un parmi d'autres... Du coup, j'ai l'impression que ce titre et cette couverture étaient une façon de promouvoir le livre en mettant en avant quelque chose qui marche bien en ce moment : le Japon. Bon, après si j'avais lu la quatrième de couverture, j'aurais su que je me trompais sur le contenu du livre mais d'un autre côté, je ne regrette pas non plus cette lecture. Si elle ne m'a pas autant transportée que ce que j'imaginais, je ne l'ai pas trouvé désagréable ni inutile pour autant. Et puis, de temps en temps, il faut aussi aller vers l'inconnu pour faire des découvertes peut-être pas grandioses mais néanmoins intéressantes!

Il faut parfois toute une vie pour apprendre à marcher...
Certaines rencontres peuvent-elles changer le cours d'une existence ? Assurément. Une extraordinaire leçon de vie attend Paul Lamarche, Paul qui pense que réussir sa vie, se résume à... réussir.
Un Noir américain à la carrure d'athlète rencontré en prison et un puissant homme d'affaires japonais qui parle de cerisiers et de poussières, d'autres encore, lui permettront enfin de comprendre que l'on ne réussit que lorsque l'on se met debout. Paul admettra enfin que les peurs ont mené sa vie jusque-là. On ne peut marcher que lorsqu'on dépasse les craintes qui nous entravent tous et nous empoisonnent. La vie est au bout du chemin.
Un roman tour à tour parabole moderne de la découverte de soi, récit d'une amitié profonde et histoire d'amour incandescente.

L'histoire, très courte, est racontée à la première personne par le narrateur, Paul, qui revient sur son passé, sur les erreurs qu'il a commises, les rencontres qu'il a faites et surtout sur cette peur, cette fausse peur qui l'empêchait d'aller de l'avant. De voir plus loin que lui-même, de s'inquiéter d'autre chose que de son petit confort et de faire des choses pour un autre motif que celui d'être bien considéré par des gens qu'il n'apprécie peut-être même pas. L'histoire de Paul, c'est un peu notre histoire à tous, et en ça le livre est vraiment très intéressant. Nous avons tous des peurs qui nous empêchent d'aller de l'avant. Or, souvent, c'est la peur elle-même qui engendre le danger dont on a peur, et cela l'auteur le démontre très bien tout au long de son livre, à travers le parcours de Paul. S'il parvient à se redresser, c'est grâce à ces gens qu'il rencontre, qu'il appelle des "Yodas" car ils le guident sur le chemin qui le ramène peu à peu à lui même. Ces rencontres sont assez inattendues et touchantes et on suit donc volontiers ce voyage initiatique aux côtés de Paul.

Tu ne marches pas mon gars, tu rampes, comme une larve. Un être humain ne peut pas ramper, même quand il ignore qu’il se traîne au sol. Ça le rend malheureux. Et un être malheureux, c’est souvent quelqu’un qui rend les autres malheureux. Le pire des cercles vicieux.

En revanche, il y a certaines choses qui m'ont un peu moins plu dans ce roman, le premier de l'auteur je le rappelle. La plus flagrante étant le fait qu'au début et à la fin, nous ne sommes pas dans l'histoire de Paul mais dans une sorte de leçon psycho-philosophique sur la peur. J'estime qu'à partir du moment où le bouquin rempli son job, il n'y a pas besoin de réexpliquer pendant des pages et des pages les différences entre la vraie peur et les fausses peurs. Et lorsque l'auteur fait cela, j'ai l'impression qu'il tourne en rond, qu'on est face au serpent qui se mord la queue. Le livre est déjà très court, donc ça reste supportable mais s'il avait fait ça proportionnellement sur un livre de 400 pages, je pense sincèrement que je n'en serait pas venue à bout. Du coup, de roman initiatique, il prend parfois des airs de roman moralisateur bien qu'il se défende de donner la solution pour enrayer ses peurs...

La peur finit par nous pousser dans l'autodétestation puis dans l'autodestruction. Or comment peut-on vraiment aimer si on ne s'aime pas ? Comment espérer être aimé si on ne s'aime pas ?


Au final, ce que je retiens de Et il me parla de cerisiers, de poussières et d'une montagne mis à part ce joli titre et cette couverture toute douce, c'est une jolie histoire, très courte, un peu trop moralisatrice mais qui permet tout de même quelques réflexions intéressantes sur nos peurs et notre façon d'appréhender la vie. Je ne dirais pas qu'il a changé complètement ma perception du monde mais la lecture a été agréable.

Ce livre a été lu dans le cadre de deux challenges

2016 Reading Challenge 
Un premier roman

Challenge Petit Bac 2016
Ligne 1 : Lieu
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