Blog en pause prolongée pour cause de préparation du CRPE...

See you soon... or later!

Les dernières chroniques

Final Fantasy Type-0

vendredi 29 juillet 2016

La Couleur de l'eau - Kerry Hudson

Auteur : Kerry Hudson
Édition française : Le Livre de Poche, 2000
Distinction : Prix Femina Étranger 2015

Quatrième de couverture
Sous le charme, Dave, vigile dans un luxueux magasin londonien, laisse partir une jeune voleuse qu’il vient de surprendre. Sa journée terminée, il la découvre dehors, à l’attendre. C’est le début d’une relation complexe entre deux êtres abîmés. Comment Alena, venue avec tant de projets de sa Russie natale, s’est-elle retrouvée à la rue et sans papiers ? Pourquoi Dave vit-il comme en exil à quelques kilomètres de chez lui ? Qu’ont-ils bien pu traverser l’un et l’autre pour être si tôt désabusés ?

Page après page, ils s’apprivoisent, se rapprochent – et prennent soin d’éviter leurs zones d’ombre : les réseaux de prostitution, les compromissions, les peurs et les espoirs étouffés de l’une, les cités anglaises à l’horizon bien bas, les rêves d’aventure et les lâchetés de l’autre.

Se gardant des clichés et du larmoyant, Kerry Hudson donne voix aux classes souvent délaissées par la littérature et raconte ses personnages avec leurs fragilités et leurs faiblesses. De l’East London à la Sibérie en passant par Moscou, elle tresse un récit d’une grande finesse, mêlant portrait social et histoire d’amour moderne. Un roman lumineux.

Premières phrases
Elle était dans Bond Street, touristes et clients se pressaient autour d’elle. Quelques jeunes filles quittèrent ensemble le magasin, balançant leur sac à main, leurs jambes grêles et bronzées vacillant sur des talons d’une hauteur impossible : on aurait dit des faons affublés d’accessoires. Alena passa en revue les règles – c’était bien d’en avoir.
Règle n° 1 : toujours à l’heure du déjeuner, il y a moins de vendeuses et celles qui restent ne font pas attention, elles ont faim et attendent avec impatience leurs soixante minutes de liberté.
Règle n° 2 : les vêtements n’ont pas d’importance. Sa robe bain de soleil unie en coton jaune pouvait passer pour un vêtement d’une simplicité très coûteuse. Sauf à remarquer que les bretelles sciaient très légèrement la peau tendre entre ses aisselles et ses seins, personne n’aurait pu deviner qu’elle l’avait trouvée dans le carton de fripes d’un refuge pour femmes. De toute façon, elle avait vu des gens habillés de vieux vêtements hideux sortir de chez Harrods, des sacs brillants dans chaque main, puis monter dans des Bentley, comme si l’argent les dispensait de se conformer aux normes communes.
Règle n° 3 : prendre l’Expression. Quelle que soit sa nervosité, elle pouvait toujours croire à l’Expression. Elle pouvait l’invoquer et cela ne lui coûtait rien. Du fait que ni l’argent ni la légitimité ne pétillait dans ses veines comme un champagne particulièrement doré, l’Expression troublait les gens ; elle ne cadrait pas avec ses cheveux coupés à la diable, ses épaules maigres et son air famélique. Elle haussa un tout petit peu les sourcils, releva son menton pointu, adopta un air indifférent, les paupières tombantes, et observa la vitrine.

Mon avis
Enfin j'arrive au bout de la lecture d'un roman, et ça n'a pas été de tout repos. Je voulais absolument lire ce livre pour avancer un peu mes challenges mais je crois que j'aurais du me lancer dans quelque chose de plus facile et de plus léger avant d'entamer La Couleur de l'eau. La couverture, jaune et légère, et le titre me laissaient penser qu'il s'agissait de quelque chose de joyeux et estival alors que pas du tout. S'il s'agit d'une histoire d'amour, le ton et les thèmes abordés sont en réalité plutôt sombres. L'histoire s'ouvre sur Alena, une jeune femme russe qui a grandit dans la pauvreté et qui rêvait de trouver un travail et de pouvoir enfin aider sa mère à vivre mieux. Alors quand elle a l'opportunité de partir à Londres pour y commencer une nouvelle vie, elle n'hésite pas une seconde. Mais lorsqu'elle arrive sur place, elle découvre une toute autre réalité que nous découvrons petit à petit, au fil de flash-backs présents tout au long du roman. Parce qu'en réalité, le roman se centre sur la rencontre de cette jeune femme avec David, un agent de sécurité qui la laisse partir après l'avoir surprise en train de tenter de voler une paire de chaussures dans un magasin plutôt cher.

Autour de cette relation se développent les thèmes de la migrations, de la prostitution, de la violence, de la politique... Bref, on est vraiment loin d'un roman d'amour à l'eau de rose et, à aucun moment, l'ouvrage de Kerry Hudson ne tombe dans le sentimentalisme. Alena et David sont des personnages à la fois attachants et énervants. Attachants car ce sont tous les deux des écorchés vifs que la vie n'a pas épargné et qu'ils réussissent malgré tout à continuer d'avancer. Énervants car leur difficulté à communiquer m'a souvent perturbée. Les non-dits sont amenés dans l'histoire sous forme de flash-backs et j'avais souvent du mal à comprendre quand on passait du présent au passé et inversement. Il fallait à chaque fois que je revienne au début du paragraphe pour bien resituer les événements et c'est quelque chose que je n'aime pas trop faire. Après, c'est peut-être aussi parce que j'ai eu du mal à entrer pleinement dans cette histoire que j'ai du revenir souvent en arrière. Et j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire parce que je me suis forcée à la lire à un moment où j'avais besoin d'autre chose.

Résultat des courses : je ne me forcerai plus à lire un livre qui ne correspond pas à mon humeur du moment. La Couleur de l'eau n'a été, à mes yeux, ni un bon livre, ni un mauvais livre. J'ai trouvé l'histoire intéressante mais j'ai vraiment eu du mal à en venir à bout. Trop noir et trop sérieux pour une lecture estivale.

Citations
Il devait l’admettre, il était imprudent. Aveugle au danger qui consistait à laisser une inconnue prendre possession de lui. Et si au début sa beauté pleine et chaleureuse l’avait empêché de penser à autre chose, tout le reste formait à présent l’hameçon accroché à ses tripes que rien ne pourrait arracher.

Quand Dave rentrait du travail, il se douchait et elle se précipitait vers lui pour embrasser ses lèvres humides. Elle avait envie d'entrer sous la douche avec lui, mais elle dormait toujours seule le soir dans le lit double. D'une certaine manière, les quelques pas entre la chambre et le salon, jusqu'à Dave, étaient devenus une longue distance qu'elle avait de plus en plus peur de franchir, comme si c'était une forêt sombre et menaçante, hantée par des bêtes à la gueule ensanglantée et de méchantes sorcières.

Elle s'était demandé comment il avait pu lui cacher un truc aussi énorme, son David transparent, mais bien sûr, elle le savait mieux que personne, et les mots étaient sortis de sa bouche avant que la nouvelle Alena presque bonne puisse les ravaler.

Ce livre a été lu dans le cadre de deux challenges

Un livre d'un auteur anglais

Challenge Petit Bac 2016
Ligne 1 : Couleur
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...